Mars : les colonies seront peut-être bâties avec le sang des colons

Vous avez probablement déjà entendu de la célèbre phrase prononcée par Winston Churchill disant qu’il n’avait rien à offrir à part « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Même si l’homme d’Etat britannique a prononcé cette phrase en 1940, elle trouve encore écho aujourd’hui, mais dans un tout autre domaine que celui de la politique : l’espace.

Space.com a récemment rapporté que les premières colonies sur la Lune et sur Mars pourraient se développer grâce, littéralement, au sang, à la sueur et aux larmes des astronautes pionniers. Bien que cette révélation puisse paraître intrigante, il y en a une qui est encore plus effroyable.

Une illustration représentant la planète Mars
Image par OpenClipart-Vectors de Pixabay

En effet, une nouvelle étude a découvert que des briques résistantes pouvaient être fabriquées en combinant la saleté lunaire ou martienne avec une protéine présente dans le sang humain et un composé appelé « urée » présente dans la sueur, les larmes ou l’urine.

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Un béton construit avec des déchets spatiaux et du sang humain

Les responsables de la NASA ont été sans équivoque. Transporter tout ce dont un avant-poste humain aurait besoin sur la Lune ou sur Mars serait beaucoup trop coûteux et chronophage. La solution pour s’implanter durablement sur d’autres mondes serait alors de vivre de la terre.

Aled Roberts, auteur principal de l’étude controversée, et chercheur à l’Université de Manchester a déclaré dans un communiqué que « les scientifiques ont essayé de développer des technologies viables pour produire des matériaux semblables à du béton à la surface de Mars, mais nous n’avons jamais cessé de penser que la réponse pourrait être en nous depuis toujours ».

Et ce n’est pas au sens figuré. En effet, Roberts et ses collègues sont parvenus à fabriquer un béton expérimental en laboratoire en utilisant de la saleté lunaire et martienne simulée et en utilisant une protéine appelée « sérumalbumine humaine » ou HSA, qui se trouve dans le plasma sanguin.

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Les astronautes pourront-ils supporter ce stress supplémentaire ?

Cette composition a donné des « biocomposites de régolithe extraterrestres » ou ERB aussi résistants que le béton ordinaire, affirment les scientifiques dans leur étude. Plus encore, Roberts et ses collègues ont découvert qu’en ajoutant de l’urée au mélange, les ERB devenaient considérablement plus résistants que le béton.

D’après les scientifiques, « si les HSA-ERB étaient utilisés comme mortier et combinés à une méthode de construction à base de sacs de sable, nos calculs suggèrent que chaque membre d’équipage – au cours d’une mission sur Mars de 72 semaines – pourrait produire suffisamment de HSA pour construire un espace d’habitat. Cela pourrait permettre l’expansion constante d’une colonie martienne naissante ».

Cependant, des recherches supplémentaires seront nécessaires pour déterminer l’impact du don de sang régulier par les astronautes. D’autant plus que ces derniers subissent déjà des facteurs de stress comme des doses plus élevées de rayonnement et des effets psychologiques liés à l’isolement. Les scientifiques tentent néanmoins de rassurer que même si les HSA-ERB pourraient potentiellement jouer un rôle important dans une colonie martienne naissance, ils « seront finalement remplacés par des bioréacteurs polyvalents ou d’autres technologies à mesure qu’elles évoluent ».

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