Mars : le mystère des traînées sombres enfin résolu ?

Dans certaines régions de Mars où la température est un peu plus élevée que la moyenne, les scientifiques ont pu détecter des groupes de traînées sombres qui apparaissent de façon saisonnière sur les pentes raides faisant face au Soleil. Des études ont ainsi été faites et les résultats ont suggéré que ces lignes dénommées « recurring slope lineae » ou RSL étaient un signe montrant que de l’eau salée coulait régulièrement à la surface de la planète pendant les saisons chaudes.

Les découvertes au cours de récentes missions martiennes d’une grande quantité de glace sous la surface de Mars sont en quelque sorte venues renforcer cette hypothèse de l’eau salée. Des études ont en effet suggéré que les températures plus élevées au cours du printemps et de l’été pouvaient générer de l’eau salée capable de rester à l’état liquide pendant un certain temps, et ce malgré l’atmosphère froide et fine de la planète. Mais la solution derrière la question des traînées sombres pourrait être toute autre puisque des géologues viennent de découvrir des problèmes par rapport à l’idée de l’eau salée causant les RSL.

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Selon l’auteur principal de la récente étude, Janice Bishop, planétologue au SETI Institute et à l’Ames Research Center de la NASA, certains points contredisent l’hypothèse de l’eau salée. Par exemple, l’angle des pentes où l’on a pu observer les RSL et les caractéristiques de la zone où les traînées commencent ne correspondent pas à un processus de flux de liquide.

Causées par des réactions chimiques ?

Bishop et ses collègues suggèrent que des réactions chimiques pourraient rendre la surface martienne vulnérable aux glissements de terrain,  et c’est ce qui expliquerait les traînées sombres. Bishop explique que même si aujourd’hui, la surface de la Planète Rouge est sèche et froide et subit l’action du vent et de l’abrasion, il y a sous la surface un processus qui continue de s’opérer. Il s’agit de micro-interactions entre des sels et des petits morceaux de glace, ainsi que des particules d’eau liquide.

Au cours de leur étude, les chercheurs se sont concentrés sur des réactions chimiques entre des minéraux de sulfate comme le gypse et des sels de chlorure. D’après Bishop, sur Terre, les interactions entre le gypse et les sels de chlorure ont causé des dégradations comme l’éboulement de grottes, ou encore la création de dolines dans les sédiments près des lacs salés et des étangs. Les scientifiques pensent ainsi que les mêmes interactions pourraient avoir lieu sur Mars, même si la basse température et la sècheresse peuvent les ralentir.

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Un phénomène prouvé en laboratoire

Les chercheurs ne se sont pas arrêtés à des spéculations lorsqu’ils ont mené leur étude puisqu’ils ont également conduit des expériences en laboratoire. Ils ont utilisé des mélanges de sulfates, de sels de chlorure, de petites particules de glace, ainsi que de cendre volcanique similaire au sol martien. Ils ont congelé les mélanges à des températures équivalentes à celles de la planète.

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Comme résultats, les scientifiques ont observé des films fins d’eau boueuse qui se sont formés à la surface des grains des minéraux. Ils ont suggéré que ces films pouvaient se contracter et s’étendre au cours du temps, ce qui va provoquer des mouvements sous la surface de Mars. Puis, il y a le vent et la poussière qui vont provoquer des glissements de terrain au niveau de ces surfaces instables et ainsi créer les traînées sombres.

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