Mauvaise nouvelle, la Voie lactée finira par être dévorée par une galaxie cannibale

La galaxie d’Andromède est la galaxie la plus proche de la nôtre, et elle a déjà englouti plusieurs petites galaxies au cours de ses 10 milliards d’années d’existence. Mais le pire reste à venir, car selon les scientifiques, notre propre galaxie, la Voie lactée, sera le prochain repas le plus calorifique de la galaxie d’Andromède.

Et cela devrait se produire quand les deux galaxies se seront heurtées, soit dans environ quatre milliards d’années.

Voie Lactée

Crédits Pixabay

Une galaxie vorace à proximité de la Voie lactée

Des chercheurs ont étudié de manière très détaillée le halo de gaz complexe qui entoure la galaxie d’Andromède dans le but de mieux comprendre son « régime alimentaire » passé et anticiper ce qui pourrait se passer une fois qu’elle se confondra avec la Voie Lactée. Dans cette nouvelle étude dirigée par Dougal Mackey, chercheur et astronome à la Australian National University, les scientifiques ont dressé un panorama d’Andromède s’étendant sur des centaines de milliers d’années-lumière.

Les résultats « donnent un aperçu de l’histoire de l’assemblage de notre plus proche voisin », a déclaré l’équipe de Mackey dans son étude. D’après les observations de l’équipe, Andromède a déjà connu au moins deux épisodes d’alimentation majeurs : l’un au cours des derniers milliards d’années et un autre à une époque beaucoup plus ancienne, quand elle était encore une jeune galaxie.

A travers le Pan-Andromeda Archaeological Survey (PAndAS), géré par le Canada–France–Hawaii Telescope au sommet du Mauna Kea à Hawaii, Mackey et son équipe ont enquêté sur les vestiges des galaxies englouties par le passé par Andromède. Le PAndAS se concentre, comme son nom l’indique, sur la reconstruction des origines, de l’évolution et de la structure actuelle de la galaxie d’Andromède. Cette sous-catégorie spéciale de l’astronomie s’appelle « archéologie galactique ».

Des preuves de l’appétit vorace d’Andromède

Si la Voie Lactée est elle-aussi une mangeuse de galaxies, il semble que l’appétit d’Andromède ait été un cran au-dessus dans le passé. Les preuves de la frénésie alimentaire de notre voisine galactique se trouvent dans deux groupes d’amas globulaire : des populations denses d’étoiles gravitant autour d’Andromède à des angles perpendiculaires l’un par rapport à l’autre.

« Les amas globulaires que nous avons mesurés ne se sont probablement pas formés lorsque des galaxies plus petites ont été déchiquetées par Andromède », explique Mackey. « Le scénario le plus probable, basé sur les propriétés des amas, est qu’ils se soient formés dans les petites galaxies. Lorsque ces galaxies ont ensuite été détruites par Andromède, les amas ont été déposés dans le halo d’Andromède. »

Les amas issus du dernier « repas » d’Andromède, que l’équipe a appelé le groupe GC-Sub, gravitent autour de la galaxie à un angle proche du disque galactique. Tandis que les amas de son plus ancien repas galactique, baptisé groupe GC-Non, gravitent autour de la galaxie à un angle droit par rapport au disque. L’équipe en a déduit que les deux « repas » provenaient de directions différentes lorsqu’ils ont été capturés et dévorés par Andromède.

Pour l’heure, les scientifiques ignorent si Andromède a englouti une grande galaxie pendant chacune de ces crises de boulimie, ou si les amas indiquent que plusieurs petites galaxies ont été dévorées. Des études antérieures ont suggéré que M32, une petite galaxie satellite d’Andromède, pourrait être le noyau dépouillé d’une galaxie hypothétique beaucoup plus grande appelée M32p. Selon cette hypothèse, M32p avait peut-être un quart de la masse d’Andromède avant qu’une grande partie de sa masse soit cannibalisée par Andromède il y a environ deux milliards d’années.

Mackey note que les observations de son équipe « concordent » avec ce scénario possible, mais qu’il n’y a pas actuellement suffisamment d’informations pour relier de manière fiable ces événements. De futures observations pourraient toutefois fournir davantage d’informations sur la question.

« La Voie lactée et Andromède ont à peu près la même masse », explique Mackey. « Cela signifie que la future collision entre la Voie lactée et Andromède ne se déroulera pas de la même manière que pour les petites galaxies qu’Andromède a englouties dans le passé. Selon toute vraisemblance, la collision va être très perturbante pour la Voie lactée et Andromède, entraînant la destruction de leurs disques en spirale et la formation d’un système fusionné de forme beaucoup plus elliptique », dit-il.

Heureusement, les scientifiques pensent que cette collision aura des impacts très limités sur des systèmes stellaires individuels comme le nôtre.

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