Mauvaise nouvelle pour la planète, aujourd’hui, les plantes absorbent beaucoup moins de CO2

L’eau, les nutriments, mais également le CO2 sont des facteurs essentiels à la croissance des plantes. Pour se développer, elles retirent en effet ce gaz de l’atmosphère et l’absorbent pour le séquestrer dans leurs branches, leurs troncs ou leurs racines. Cependant, quand elles manquent d’eau et de nutriments, la quantité de CO2 qu’elles sont capables d’absorber (pour pousser) diminuent également.

Une étude menée par le professeur Josep Peñuelas du CSIC au CREAF et ses collègues ainsi que le professeur Yongguan Zhang de l’Université de Nanjin, révèle une réduction de l’effet fertilisant du CO2 dans le monde entier. La principale raison de cette diminution est liée à deux facteurs essentiels, la disponibilité de l’eau et la disponibilité en nutriments.

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Selon les chercheurs, cette réduction de la capacité d’absorption de CO2 a atteint – 50 % depuis plus d’une trentaine d’années. Ce qui signifie que si la tendance est conservée, sur les prochaines décennies, la végétation pourrait ne plus pousser correctement. Et cela représente un danger pour notre planète.

L’eau et les nutriments : deux facteurs essentiels à la capacité fertilisante du CO2

Pour mesurer l’activité et la croissance de la végétation, les chercheurs ont utilisé des capteurs à infrarouge et à fluorescence pour obtenir des données satellitaires, atmosphériques, écosystémiques et de modélisation de centaines de forêts étudiées au cours des 40 dernières années.

Ils ont conclu que la réduction de la capacité fertilisante du CO2 est essentiellement due à deux facteurs.

Le premier facteur est le manque d’eau, ce qui dépend de sa disponibilité et des changements temporels de cette disponibilité. Ainsi, la croissance des plantes est ralentie pendant les périodes de sécheresse, mais également lorsqu’il y a des changements dans les saisons de pluies.

Le second facteur est le manque de nutriments, essentiellement l’azote et le phosphore dont les concentrations dans les feuilles ont progressivement diminué depuis 30 ans. A terme, il faudra donc peut-être penser à fertiliser nos forêts.

De sérieuses implications pour le climat et le réchauffement climatique

Depuis l’ère industrielle, les forêts et les différents types de végétation ont pu faire plus de photosynthèse — et donc croître davantage — grâce à l’énorme quantité de CO2 disponibles dans l’atmosphère, et ainsi séquestrer des tonnes de dioxyde de carbone réduisant ainsi le CO2 accumulé dans l’atmosphère.

Cependant, les résultats de cette étude suggèrent que ce phénomène touche à sa fin, car la capacité d’absorption de carbone par les plantes commence à saturer. Et cela aura un grand impact sur le cycle du carbone, et par la même occasion, de sérieuses implications sur notre climat et le réchauffement climatique.

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