Les méga-constellations de satellites, un danger pour la couche d’ozone ?

La couche d’ozone, c’est cette couche protectrice de l’atmosphère terrestre qui absorbe la plupart des rayons ultraviolets provenant du Soleil. Elle était autrefois en danger mais a pu se réparer petit à petit depuis l’interdiction de l’utilisation des chlorofluorocarbones (CFC) au niveau mondial. Aujourd’hui, une nouvelle menace pèse sur la couche d’ozone, et elle n’a plus rien à voir avec les CFC. Cette fois-ci, les scientifiques pensent que le danger provient des méga-constellations de satellites, plus précisément de l’aluminium présent dans ces appareils.

Selon une nouvelle étude publiée par des chercheurs de l’University of British Columbia dans la revue Scientific Reports, il y aurait actuellement près de 5 000 satellites actifs et hors-service au niveau de l’orbite basse de la Terre, et plus de 40 000 satellites Starlink prévus dans le futur, ainsi que de nombreux autres projets des agences spatiales et compagnies privées.

La couche d'ozone et le soleil à l'horizon
Crédits Pixabay

Au cours des dernières décennies, on ne s’inquiétait pas vraiment du nombre de satellites puisque la quantité de matière produite par ces derniers était toujours inférieure à celle provenant de sources naturelles comme les météorites. Toutefois, selon les chercheurs, le problème ne vient pas de la quantité mais plutôt de la qualité du matériau mis en jeu.

La couche d’ozone de nouveau en danger

D’après Aaron Boley, premier auteur de l’article, la Terre reçoit tous les jours 54 tonnes de matériau de l’espace. Avec la première génération de satellites Starlink, la masse d’appareils hors-service sera d’environ 2 tonnes. Cependant, la différence vient du fait que les météoroïdes sont généralement des rochers faits d’oxygène, de magnésium et de silicium.

Quant aux satellites, ils sont faits d’aluminium, un élément à peine présent dans les rochers spatiaux.

D’après les scientifiques, l’aluminium est le vrai problème dans cette histoire. En effet, cet élément va se décomposer en oxyde d’aluminium ou alumine qui pourrait entre autres altérer le climat de la Terre comme un outil de géo-ingénierie. Mais surtout, l’oxyde d’aluminium pourrait créer un nouveau trou dans la couche d’ozone.

A lire aussi : Et si le noyau de la Terre était en déséquilibre ?

Un problème de composition

Les chercheurs expliquent que la présence d’oxyde d’aluminium dans l’atmosphère n’est pas une bonne nouvelle pour la couche d’ozone.

Lorsque l’aluminium brûle, il peut en effet réagir chimiquement avec l’ozone de l’atmosphère pour former de l’oxyde de l’aluminium, diminuant ainsi la quantité de cet élément important.

En temps normal, l’atmosphère est capable d’absorber une petite quantité de ces substances chimiques, mais avec les dizaines de milliers de satellites, la quantité dépasse ce qui est acceptable.

A part cela, il y a aussi la destruction de l’ozone à cause du lancement des satellites en orbite basse. Selon les scientifiques, les fusées menacent la couche d’ozone en déposant des radicaux directement dans la stratosphère, les fusées à carburant solide étant les plus dangereuses avec le chlorure d’hydrogène et l’alumine qu’elles contiennent.

A lire aussi : Vénus, une émission radio identifiée

Les perspectives d’avenir

Si l’on se réfère à la situation actuelle, un grand nombre de satellites ont déjà reçu l’autorisation d’être lancés en orbite dans les années qui viennent. L’avenir s’annonce ainsi assez inquiétant en ce qui concerne la santé de la couche d’ozone. En tout cas, cette nouvelle étude va permettre de mieux comprendre les processus mis en jeu et les conséquences de ces nombreux lancements.

L’étude présente aussi des descriptions de lois existantes concernant la gestion de l’espace avec des commentaires sur ce qu’on pourrait changer. Il y a par exemple des suggestions sur la mise en place de politiques plus strictes relatives aux méga-constellations dont les éléments sont faits pour être fréquemment remplacés.

Il y a aussi une recommandation du comité de coordination inter-agence des débris spatiaux qui stipule que les satellites devraient être équipés de systèmes d’évitement et de rentrée dans l’atmosphère, mais ces systèmes sont par définition très coûteux.

A lire aussi : Une nouvelle menace pèse sur la couche d’ozone

Les chercheurs appellent à la prudence

Les auteurs indiquent ainsi que l’absence d’un ensemble unifié de régulations est un gros problème. Les régulateurs nationaux comme la FCC, selon eux, utilisent un système de « premier arrivé premier servi » pour gérer les méga-constellations, sans penser aux effets sur les autres pays.

Les chercheurs parlent également des impacts de la présence d’un grand nombre de satellites en orbite sur l’astronomie en général dans leur article. Pour eux, on ne reconnait pas assez que l’orbite terrestre est une ressource limitée, que les environnements terrestres spatiaux sont connectés, et que les actions d’un acteur du domaine peuventt affecter les autres.