Mes plus grosses gaffes d’informaticien…

Lorsqu’on est informaticien, les gens ne nous comprennent que très rarement. On peut leur dire n’importe quoi, ils nous croieront de toute manière sur parole. Du coup, notre métier est très souvent craint et respecté et il n’est pas rare que l’on nous prenne pour des magiciens du numérique. Seulement, aussi passionnés que nous soyons, l’erreur reste toujours possible et c’est ainsi qu’il m’est venu en tête de vous parler de mes plus grosses gaffes professionnelles.

Et oui, les informaticiens ne sont pas parfaits. Bon, ils n’en sont pas très loin, hein, mais il nous arrive quand même de faire de sacrées conneries. Le genre de conneries tellement bêtes, tellement stupides, qu’on se demande bien comment on a pu les commettre.

La toute première, c’est d’avoir un jour formaté un poste sans avoir rien sauvegardé avant. Alors je vous vois venir, nous avons tous vécu un cas identique au moins une vie dans notre carrière, mais cette fois j’avais fait vraiment fort. Oui, parce que ce poste était utilisé par toute l’équipe de mon service, soit une douzaine de personnes à l’époque. Et que toutes ces personnes consultaient leur messagerie sur ce poste, et juste sur lui.

Moralité, ce jour-là, mes collègues ont perdu trois années de travail. Des documents, certes, mais aussi et surtout des mails. Autant dire que ça m’a fait un choc, d’autant plus que je venais tout juste de prendre le poste. Un informaticien qui, au bout de quelques semaines, détruit trois ans de boulot acharné, c’est quand même pas mal, non ? Heureusement pour moi, mes collègues sont sympathiques et ne m’en ont pas tenu rigueur.

Cela dit, aujourd’hui, lorsque je dois formater un poste, autant vous dire que j’ai tendance à cumuler les sauvegardes…

La deuxième fois n’est pas mal non plus. A l’époque, la boîte dans laquelle je bossais avait deux serveurs IBM identiques. Oui, c’était une PME alors leur équipement était un peu léger. Mon objectif était donc de rajouter une barette de mémoire vive dans le deuxième histoire de lui donner un peu plus la patate. Je commence par fermer tous les services actifs, avant de l’éteindre proprement. D’ailleurs, quand j’y pense, je crois bien que c’était la première fois que je touchais à un serveur.

Une fois éteint, j’entreprends donc de débrancher tous les câbles histoire de faire les choses proprement et de pouvoir l’emporter dans mon atelier (j’étais très organisé). Tous les câbles, cela veut dire le clavier, la souris, l’écran, l’éthernet et l’alimentation, hein… Oui sauf que manque de pot, je n’avais pas débrancher le bon serveur. J’ai donc débranché à l’arrache le serveur dédié à la comptabilité, alors même que mes collègues du service concerné était en train de bosser dessus.

Là aussi, on peut dire que ça a été une sacrée douche froide.

La troisième fois est vraiment pitoyable et, le pire, c’est que cela s’est passé il n’y a pas très longtemps. En même temps, à ma décharge, je n’avais pas correctement dormi de la semaine et je manquais donc d’attention… Bref, il était question de brancher une vidéo-projecteur à un portable, pour préparer une réunion sur le budget. J’interviens, avec mon collègue (et oui, en plus on était deux), dans la salle de réunion et nous constatons que le vidéo-projecteur ne balance aucune image sur l’écran blanc.

Forcément, on commence par vérifier le câblage, qui était correctement branché. On continue donc de chercher, on part fouiner dans les options de la carte graphique, sans aucun résultat. Par dépit, nous remplaçons le portable par un client léger, mais le même problème se pose. Mon collègue part (le lâche) prévenir le service manifestations, afin d’obtenir un nouveau vidéo-projecteur, et je continue de bidouiller. Là, une collègue se pointe, et me demande ce qu’il en est. Je lui explique que cela ne fonctionne pas et qu’il est possible que cela vienne de l’appareil.

C’est à ce moment précis qu’elle se penche et qu’elle vire le cache de la lampe du vidéo-projecteur. Et encore, j’ai eu de la chance, parce que cinq minutes après, c’était le maire et ses élus qui débarquaient tous en rang.

Bref voilà, ces histoires font partie de celles qu’on aimerait bien pouvoir oublier, qui vous hantent durant des années, mais qui sont essentielles dans une carrière. Oui, parce qu’en faisait ce genre de conneries, je peux vous assurer qu’on devient beaucoup plus attentifs après. Maintenant, si vous avez aussi ce genre d’histoires en stock et que vous êtes assez courageux pour en parler, n’hésitez surtout pas : cela me permettra de me sentir beaucoup moins seul…