Mesurer la douleur chez les bébés ?

Ce n’est pas chose facile de mesurer la douleur des enfants, surtout chez les nouveau-nés, notamment parce qu’ils ne parlent pas. Autrefois, certains pensaient même que les bébés ne ressentaient pas de douleurs, que leur système nerveux n’était pas encore assez développé. Il y a même eu des opérations chirurgicales faites sans anesthésie. En 1985 cependant, une étude a révélé que même les nouveau-nés sont sensibles à la douleur.

Lorsqu’un bébé pleure, il communique en général un message qui n’est pas toujours facile à comprendre. Les cris peuvent signifier qu’il a froid, qu’il a chaud, qu’il a faim, qu’il a soif, qu’il est stressé ou qu’il a mal. Afin d’éviter ces confusions, des chercheurs britanniques ont conçu une technique qui permet de mesurer la douleur.

Bébé douleur

Dans le procédé, l’équipe se sert d’un électroencéphalogramme (EEG). Les résultats de leurs études ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine.

Des zones cérébrales liées à la douleur

En 2015, des scientifiques de l’université d’Oxford ont réussi à mettre en évidence les zones du cerveau liées à la douleur chez le nourrisson. Pour ce faire, ils ont recouru à la technique de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Les résultats de l’étude, publiés le 2 mai 2017, se placent dans la continuité de ces recherches.

En totalité, les chercheurs britanniques ont effectué des séries de tests sur soixante-douze nouveau-nés.  Ils ont eu l’idée de comparer les images collectées via l’EEG avec les grimaces et les pleurs des bébés. Ils en ont alors déduit l’existence d’une corrélation entre le pic d’activité cérébral dans les zones liées à la douleur et les réactions des nourrissons. La méthode concernerait également les bébés prématurés.

Des résultats encourageants

Les tests ont été effectués sur des nourrissons âgés de quelques semaines. Les chercheurs ont utilisé un dispositif constitué d’électrodes, placé sur le crâne du nourrisson. Celui-ci permet de capter les ondes émises par le cerveau. Ils ont constaté que, sur les zones préalablement anesthésiées, la douleur était moins intense lors d’une piqûre pour une prise de sang.

D’après les expériences menées, les pleurs et les grimaces correspondent aux manifestations de douleurs. Toutefois, elles ont également révélé que, dans certains cas, les sujets n’ont pas montré de signes extérieurs. Ils ont pourtant manifesté des traces de souffrance sur les relevés cérébraux. Dans l’étude, ces cas ont concerné quarante-cinq pour cent des nourrissons. Cependant, l’équipe n’a pas encore achevé les travaux. Il faudra attendre l’année 2020 pour qu’ils puissent enfin mettre au point les analgésiques appropriés et les doses adaptées.

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