Meta demande à la police de ne plus espionner ses utilisateurs

Meta a demandé au département de police de Los Angeles (LAPD) d’arrêter d’inventer de faux comptes dans le but d’enquêter sur des utilisateurs. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’il a déposé ce genre de requête à un service de police. En 2018, la plateforme a même dû désactiver de faux profils utilisés par la police de Memphis (Tennessee). En ces temps, les comptes servaient à nouer des liens avec des militants afin de se renseigner sur les membres.

Des policiers appréhendent un individu.

Dernièrement, The Guardian a révélé qu’une entreprise technologique avait déjà travaillé avec le département de police américain. Leur collaboration avait pour objectif de traiter les données des utilisateurs afin de résoudre des enquêtes. Face à cette révélation, Meta a réagi en envoyant une lettre au LAPD. 

La lettre faisait état de l’interdiction de création et d’usage de faux profils. Ce type de comportement nuirait à l’idéal du réseau social. Il s’agit de faire de la plateforme un lieu sûr permettant aux utilisateurs d’établir une confiance mutuelle

Les méthodes du LAPD vont à l’encontre des politiques d’utilisation de Meta

Roy Austin est le vice-président des droits civiques et avocat général adjoint de Meta. Il s’est exprimé dans une lettre qui met en avant les politiques de l’entreprise. Selon les écrits d’Austin, le LAPD inciterait ses agents à concevoir de faux comptes sur les réseaux sociaux. Pour ce faire, il utiliserait Facebook en tant qu’exemple explicite.

Les politiques du LAPD permettraient même aux agents de créer des profils inauthentiques dans le cadre d’une « enquête en ligne ». Toutefois, Roy Austin insiste sur le fait que les officiers de police doivent respecter les politiques d’utilisation de Meta (Facebook). Les policiers devraient donc arrêter d’utiliser de faux comptes, d’usurper des identités et de recueillir des renseignements dans l’objectif de surveiller des utilisateurs. 

La police de Los Angeles collabore avec Voyager Labs  

Par ailleurs, Brennan Center of Justice (organisation à but non lucratif) a également mené des recherches sur le sujet. L’organisation a découvert des faits intéressants grâce à des demandes d’accès à des dossiers publics. Ses recherches ont révélé qu’en 2019, le LAPD avait utilisé un logiciel de surveillance de réseaux sociaux développé par Voyager Labs. Le programme a servi à recueillir des informations sur des suspects et les amis des suspects.

Le logiciel possède la capacité d’analyser de grandes masses de données d’après Voyager Labs, une capacité qui aurait surtout servi à résoudre des crimes. Par exemple, il aurait aidé la division des vols et des homicides à rassembler des preuves.