On en sait un peu plus sur la métamorphose des insectes !

Tout comme les humains, les insectes vivent en symbiose avec des microbes, les aidant à maintenir une bonne santé. Lors de leur évolution, ils doivent passer par de grandes transformations corporelles. Pendant ces métamorphoses, les organes et les autres tissus peuvent complètement être déformés et déplacés. Les microbes amicaux ont donc du mal à survivre dans ces conditions.

Un coléoptère

L’écologiste de l’évolution Rebekka Janke, de l’université Johannes Gutenberg de Mayence, et ses collègues ont mené une étude afin de découvrir ce qui arrive à ces microbiotes. Ils ont analysé ce processus de transformation chez le ténébrion Lagria villosa.

Un vrai champ de bataille entre les microbes

Les chercheurs ont pu suivre ce qui est arrivé aux microbes grâce à des marqueurs fluorescents, des scanners microCT et un échantillon d’ADN de la bactérie. Ils ont découvert que le ténébrion dépendait surtout de la bactérie Burkholderia pour une reproduction réussie. Cette bactérie protège leur descendance en produisant des polykétides chimiques aux propriétés antimicrobiennes.

C’est grâce à des glandes près des ovaires que la femelle exsude la Burkholderia sur les œufs. Les microbes restent à leur surface environ 6 jours, combattant les parasites et les champignons affamés. Lorsque les œufs éclosent, les bactéries se réfugient dans trois profonds plis de la cuticule extérieure de la larve. Ces poches les protègent et les nourrissent grâce aux sécrétions des cellules glandulaires.

Une souche particulière de Burkholderia, B. gladioli ou Lv-StB, dépend du coléoptère pour sa survie. Elle s’est tellement habituée à vivre en lui que sa capacité à se mouvoir a presque totalement disparu.

Les coléoptères adultes mâles sont dépourvus de symbiotes

Les intestins des nymphes n’ont pas de B. gladioli, ils ne passent donc pas par la voie interne. Néanmoins, les chercheurs ont mis des perles fluorescentes de polystyrène de la taille d’un symbiote sur les pupes en développement. Ils en ont alors découvert beaucoup à l’extrémité de l’abdomen des ténébrions adultes. Selon l’écologiste évolutionniste Laura Flórez, ces coléoptères arrivaient à préserver ces microbes durant la métamorphose en modifiant les poches uniques de leur dos.

L’étape finale menant les bactéries vers les glandes adultes est encore un mystère. Ce processus ne se produit que chez les coléoptères femelles étant donné qu’elles pondent des œufs. Les mâles commencent à perdre des bactéries dès le stade de la nymphe, car ils ont les poches arrière plus petites et étroites. Les adultes mâles sont privés de symbiotes.

SOURCE : SCIENCEALERT

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