Et pendant ce temps, le méthane fait de plus en plus de trous dans l’Arctique

En Sibérie, des trous géants se sont formés dans le pergélisol (sol gelé). Le premier d’entre eux a été découvert en juillet 2014. Il mesurait 80 m de diamètre. Toutefois, un autre cratère nommé « 17 », découvert l’année dernière, est largement plus grand. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer son énormité, mais celle du réchauffement climatique semblerait être la plus plausible. La recherche est, à présent, orientée vers cette piste.

Le cratère se serait formé à partir d’une explosion de méthane et de dioxyde de carbone. Ces éléments auraient été piégés dans des poches dégelées, appelées « taliks », qui se trouvent sous les lacs. Ce phénomène risquerait d’être plus fréquent à mesure que le climat se réchauffe.

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La hausse des températures a fait fondre les glaces, disparaitre des lacs entiers et favorisé la croissance des plantes. Par la suite, le dégel du pergélisol a entraîné une érosion et libéré le méthane stocké sous le sol dans l’atmosphère.

Un modèle basé sur l’IA

Les cratères se sont remplis d’eau suite à l’explosion, ce qui leur donne une allure similaire aux autres lacs de la région. Les chercheurs ont alors commencé par examiner les données satellites. Usant d’une intelligence artificielle, ils ont ensuite créé un modèle qui a permis de localiser les cratères. Les analyses ont montré qu’environ 5% de l’écosystème a changé, notamment au niveau de la végétation, de l’altitude et de l’étendue d’eau, entre 1984 et 2017.

« Le dernier cratère en date porte le numéro 17 et pourrait bien être le plus grand découvert à ce jour. En s’approchant, on est tout de suite frappé par sa taille. Des bruits se font entendre quand ses parois fondent et s’écroulent pour rejoindre les profondeurs, on dirait un cratère vivant. »

Evgeny Chuvilin, spécialiste du pergélisol au Skoltech Center for Hydrocarbon Recovery de Moscou

La neige couvre et protège le sol

Les chercheurs s’impatientent à comprendre le processus de ces explosions, car les flammes signalées à proximité des cratères représentent un danger pour les locaux. Les infrastructures servant à l’exploitation pétrolière et gazière de la région sont également menacées.

Notons que la neige agit comme une couverture pour le sol. L’écologisation de l’Arctique s’avère d’alors ainsi d’autant plus dangereuse, car elle pourrait avoir un effet destructif sur son écosystème. Plus précisément, le feuillage risque d’emprisonner la neige et entraîner une fonte rapide du permafrost.

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