Pour la première fois, on a retrouvé des microplastiques dans le placenta de femmes enceintes

Ces dernières années, on a pu constater que les matériaux plastiques ont commencé à constituer un sérieux problème environnemental. On peut aujourd’hui retrouver ces matériaux un peu partout dans la nature, notamment sous forme de petites particules dénommées microplastiques. Les océans sont actuellement sous la menace de ce fléau, mais ils ne sont pas les seuls puisque ces microplastiques se retrouvent aussi dans des endroits que l’on peut qualifier d’inhabituels. Récemment, des recherches ont en effet montré la présence de microplastiques dans le placenta de plusieurs femmes enceintes.

L’étude a été menée par des chercheurs spécialisés en pédiatrie de l’hôpital Fatebenefratelli de Rome et de l’Université Politecnica delle Marche sur des femmes qui habitent en Italie. Les sujets n’ont eu aucune complication lors de l’accouchement de leur bébé et l’effet des petites particules reste encore inconnu. Cependant, les experts pensent que les microplastiques pourraient permettre à certains produits chimiques nocifs d’endommager le système immunitaire du fœtus durant son développement.  

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« Avec la présence de plastique dans le corps, le système immunitaire qui s’auto-identifie est perturbé, même si la cause n’est pas organique », ont déclaré les scientifiques derrière la recherche.

Un bébé « cyborg » ?

Les scientifiques ont expliqué qu’avec cette découverte, on peut dire que les bébés des femmes étudiées sont également composés d’entités inorganiques. Ils les ont comparés à des « bébés cyborgs » à cause du fait qu’ils n’étaient plus constitués uniquement de cellules humaines.

Sur les six placentas donnés par les femmes après leur accouchement, quatre contenaient des microplastiques. En tout, les chercheurs ont trouvé 12 fragments de microplastiques dans les échantillons prélevés sur les quatre placentas. Ils pensent cependant que le nombre total de microplastiques contenus dans les placentas pourrait être beaucoup plus élevé étant donné que seulement 3 % des tissus de chaque placenta ont été analysés.

Parmi les particules de plastique retrouvées, trois font partie des polypropylènes teintés. Les neuf autres n’ont pu être déterminées avec précision mais leurs pigments ont indiqué qu’elles pouvaient provenir de revêtements artificiels, d’adhésifs, de plâtres, de peintures, ou encore de produits cosmétiques.

La réponse du système immunitaire face aux microplastiques

Selon le rapport publié dans la revue Environment International, à l’intérieur de l’organisme, les microplastiques sont considérés comme des corps étrangers. Ainsi, des réponses immunitaires localisées peuvent être déclenchées.

D’autre part, ces substances peuvent également transporter d’autres produits chimiques nocifs tels que les additifs plastiques ou encore les polluants environnementaux.

Les chercheurs ont déclaré que la présence de particules exogènes et potentiellement nocives comme les microplastiques dans le placenta est très préoccupante. Le placenta est en effet connu pour son rôle essentiel dans le développement du fœtus en agissant comme une interface entre celui-ci et l’environnement extérieur.

En général, ces résultats montrent à quel point les matériaux plastiques représentent un danger pour l’humanité mais aussi pour la planète entière. Il serait temps de prendre des mesures strictes par rapport à ce problème avant qu’il ne soit trop tard.

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