Microsoft compte bien mettre fin à la concurrence

Il y a quelques jours seulement, nous avons relayé un article de Paul Thurrott qui faisait état de la volonté de Microsoft d’imposer son navigateur aux utilisateurs de Windows 11. Une volonté qui s’est manifestée par l’intermédiaire de la nouvelle version du système d’exploitation. Cette dernière bloque carrément les solutions de contournement permettant de se passer de la fonctionnalité du navigateur web.

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Daniel Aleksandersen, le créateur de EdgeDeflector, avait donné l’alerte dans l’espoir de voir la multinationale informatique faire machine arrière. Malheureusement, tout porte à croire que Microsoft restera campée sur sa position.

Retour sur la chronologie des faits

Windows 11 dans sa conception ne permet pas aux utilisateurs de définir facilement d’autres navigateurs web comme navigateur par défaut. Cela ne pouvait plus être fait en un clic comme c’était le cas avec les précédentes versions de Windows.

Si un utilisateur veut se rendre sur internet avec un autre navigateur, il doit le faire de façon manuelle. Laissez-moi vous rappeler tout de suite que les étapes à suivre sont loin d’être une partie de plaisir. Elles sont très lourdes à appliquer et risquent de décourager le premier venu.

Encore que si un utilisateur y arrive, il ne risque pas de voir Edge disparaitre complètement. Celui-ci se lance automatiquement dès que celui-ci clique sur un article d’actualité dans Widgets. La même scène se répète dès qu’il fait une recherche sur le web à partir de la barre des tâches ou de démarrage.

Conscients que Microsoft cherche à imposer son navigateur par des moyens détournés, des solutions ont été mises en place pour contourner cette mesure anticoncurrentielle. Il s’agit notamment de l’utilitaire EdgeDeflector et des solutions proposées par Mozilla et Brave pour leurs navigateurs. Celles-ci obligent le système d’exploitation à respecter le choix par défaut de l’utilisateur.

Microsoft a de son côté cherché à réagir face à « cet acte de désobéissance ». Pour cela, il a sorti une nouvelle version de Windows 11 qui bloque complètement les solutions de contournement.

Microsoft rejoint ses homologues de la Big Tech

À la sortie de cette nouvelle mise à jour, on se posait plusieurs questions sur les intentions de la firme américaine. Et le respect des consommateurs dans tout ça ! Tout est clair maintenant, Microsoft ne s’en soucie guère.

Ce comportement est délibéré. Dans un communiqué officiel relayé aujourd’hui par Paul Thurrott, Microsoft a d’abord déclaré que Windows autorise toute sorte d’applications sur sa plateforme, y compris les navigateurs. Cependant, ses systèmes d’exploitation sont faits pour offrir une expérience de bout en bout aux utilisateurs, a par la suite ajouté la firme.

Comme exemple d’expérience bout en bout, elle a parlé des recherches à partir de la barre de tâches. Et pour elle, ce type d’expérience n’est pas fait pour être dirigé. Pour finir, Microsoft a assuré que dès qu’il constate une redirection inappropriée il apporte systématiquement des corrections.

À la lecture de ce communiqué on comprend donc que Microsoft compte mettre définitivement hors d’état de nuire la concurrence. Peu importe si cela se fait au détriment des besoins des utilisateurs. Une attitude qui rappelle celle d’autres grandes entreprises technologiques américaines comme Amazon, Facebook, Google ou encore Apple.

Les lois antitrust sont plus que jamais les bienvenues pour mettre fin à la tyrannie des GAFAM qui ne cachent même plus leur jeu.