Microsoft exige un congé parental payé obligatoire pour les salariés de ses sous-traitants

Les contrats commerciaux du géant de l’informatique américain comprennent désormais des volets sociaux emblématiques.

Plus précisément, l’empire de Bill Gates ne veut travailler qu’avec des partenaires qui se soucient réellement du bien-être de leurs collaborateurs et de leurs familles. Les clauses imposées par Microsoft ressembleraient presque à des décrets d’applications de lois sociales.

L’entreprise américaine exige que ses sociétés partenaires prévoient au moins 12 semaines de congé parental payé jusqu’à concurrence de 1 000 $ par semaine, à la naissance ou à l’adoption d’un nouvel enfant.

Cette exigence concerne les entreprises de 50 salariés ou plus, effectuant des tâches « substantielles » pour Microsoft. Ces nouvelles clauses s’appliqueront progressivement dans les 12 prochains mois et concerneront plusieurs milliers de salariés.

Le sujet n’est plus tabou aux États-Unis

Aux États-Unis, 13 % seulement des salariés du secteur privé ont droit à un congé parental payé. Cette initiative de Microsoft n’arrive pas par hasard. Depuis 2014, de plus en plus de salariés des sous-traitants du géant de l’informatique adhèrent à des syndicats.

Les formations syndicales sont désormais en mesure de faire pression sur une multinationale comme Microsoft qui accepte d’ailleurs leurs revendications.

Ellen Bravo est codirectrice de Family Values @ Work, groupe de défense des congés payés. Elle explique : « Jusqu’à récemment, la plupart des entreprises ne se préoccupaient pas des conditions de travail des salariés de leurs fournisseurs ou de leurs sous-traitants. C’est un problème, en particulier quand une entreprise sous-traite des parties vitales de ses projets. »

Pressions associatives et syndicales

Family Values @ Work déclare que Microsoft est bien la première grande multinationale à exiger de ses fournisseurs qu’ils accordent un congé parental à leurs employés. Les associations et les formations syndicales ont obtenu quasiment la même chose de Facebook. Malgré cette avancée sociale majeure, Ellen Bravo estime que le combat ne fait que commencer.

Le groupe de défense des congés payés encouragent Microsoft et d’autres entreprises qui se reconnaissent dans son initiative de faire pression sur les pouvoirs publics pour que les salariés accèdent à des droits plus importants. Ellen Bravo est consciente que les pressions associatives ou syndicales restent encore insuffisantes et que les vraies solutions est d’ordre politique.

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