Microsoft rejoint le mouvement de protestation des Big Tech contre l’utilisation de la reconnaissance faciale par les forces de l’ordre

Jeudi 11 juin 2020, Reuters nous rapporte que Microsoft a déclaré qu’il ne prodiguerait pas sa technologie de reconnaissance faciale aux forces de police, à moins qu’une réglementation fédérale régissant son utilisation ne voie le jour. Cette décision du géant des logiciels fait suite aux manifestations en cours contre les violences policières.

Pour rappel, ces manifestations ont été causées par la mort de George Floyd, un homme noir interpellé par un officier blanc, mais qui est décédé après que le policier se soit agenouillé sur son cou pendant plus de 8 minutes. Ces violences policières ont déclenché de multiples protestations contre les inégalités raciales aux États-Unis et dans le reste du monde.

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Mais en plus, cela a attisé les inquiétudes concernant le fait que la reconnaissance faciale pouvait être utilisée injustement contre des manifestants.

Amazon et IBM arrêtent de proposer des services de reconnaissance faciale

Dans son communiqué, initialement rapporté par le Washington Post, Microsoft déclare :

Nous ne vendons pas notre technologie de reconnaissance faciale aux services de police américains aujourd’hui et tant qu’il n’y aura pas de loi nationale solide fondée sur les droits de l’homme, nous ne vendrons pas cette technologie à la police.

Pour information, Microsoft n’est pas la seule entreprise à priver les forces de l’ordre de sa technologie. Avant son annonce, Amazon avait déclaré qu’il suspendait l’utilisation de son service « rekognition » par la police pour une année et IBM (International Business Machines) a déclaré qu’il ne proposerait plus ce service.

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Des projets de réglementation de la technologie de reconnaissance faciale seraient en cours

Par ailleurs, des experts ont fait valoir que l’analyse du visage était moins précise pour les personnes ayant une peau plus foncée. Les militants craignent ainsi de faux matchs pouvant conduire à des arrestations injustes.

L’avocat de l’American Civil Liberties Union (ACLU) en Californie du Nord, Matt Cagle, a déclaré que si « même les fabricants de reconnaissance faciale refusent de vendre cette technologie de surveillance parce qu’elle est si dangereuse, les législateurs ne peuvent plus nier les menaces contre nos droits et libertés ».

Justement, le Congrès aurait fomenté un projet de réglementation de la reconnaissance faciale depuis des mois et Microsoft déclare également qu’il a travaillé sur la promulgation de principes et de lois pour régir l’utilisation de cette technologie.

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