Mission ExoMars : l’atterrisseur s’est bien crashé sur Mars

L’ESA vient de le confirmer, le module européen Schiaparelli de la mission ExoMars s’est écrasé à la surface de la planète rouge mercredi dernier. L’appareil est en effet arrivé à une vitesse beaucoup plus rapide que prévu. Les responsables de la mission examinent actuellement les données afin de déterminer l’origine de la panne.

ExoMars regroupe en réalité deux missions différentes, portées à la fois par l’ESA et par Roscosmos, l’agence spatiale russe. Comme son nom l’indique assez clairement, ce programme vise à améliorer notre connaissance de la planète rouge.

Atterrisseur ExoMars

L’atterrisseur de la mission ExoMars s’est écrasé à la surface de la planète.

Comment ? En étudiant son environnement géochimique, en détectant et identifiant l’origine des gaz présents dans l’atmosphère martienne et en recherchant les indices d’une vie biologique présente ou passée.

ExoMars : un programme ambitieux, divisé en deux missions

ExoMars 2016 a été amorcé en mars dernier et cette mission s’appuie sur deux éléments distincts : un orbiteur et un atterrisseur.

L’orbiteur TGO (pour Trace Gas Orbiter) a été placé dans l’orbite de Mars la semaine dernière (19 octobre) et il a pour mission d’identifier l’origine du méthane trouvé dans l’atmosphère de la planète. Le méthane, mais aussi les autres gaz rares détectés par les sondes précédentes.

En parallèle, il devrait aussi servir de relais pour les télécommunications de l’atterrisseur.

Schiaparelli, c’est son nom, se présentait sous la forme d’un atterrisseur expérimental de 577 kg. Il a surtout été conçu pour tester les techniques de rentrée atmosphérique et d’atterrissage mis au point par l’ESA.

Le largage de l’atterrisseur a eu lieu mercredi dernier, après un long voyage de sept mois. Les premières minutes se sont bien déroulées, mais la situation a très vite pris une tournure inattendue. D’après les premières analyses faites par les ingénieurs de l’agence, le grand parachute du module aurait été éjecté quelques secondes trop tôt et les rétrofusées se seraient coupées prématurément.

L’atterrisseur a percuté la surface de la planète a une vitesse trop élevée

L’atterrisseur est donc arrivé à une vitesse plus rapide que prévu à la surface de la planète et il a fini par s’écraser sur le site prévu pour l’atterrissage.

L’ESA n’a pas compris tout de suite ce qui s’était passé. En réalité, les communications ont simplement été coupées et il a fallu attendre qu’une sonde passe à proximité du site pour découvrir la vérité. MRO, une sonde américaine, a effectivement filmé une tache noire assez large, une tâche bien plus grande que si l’atterrisseur était en un seul morceau. Michel Denis, directeur des opérations en vol de la mission, en a donc déduit que l’appareil s’est écrasé.

Il s’agit évidemment d’un coup dur pour l’ESA, d’autant que c’est la seconde fois que l’agence échoue à faire atterrir un engin sur Mars. Elle avait tenté le coup une première fois en 2003 avec Beagle 2, mais la mission s’était une fois encore soldée par un échec.

En attendant, la prochaine phase du programme démarrera en 2018 avec le lancement de la mission ExoMars 2020, une mission qui s’appuiera cette fois sur un rover équipé d’une foreuse et un laboratoire d’analyse complet.

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