Mort de Luke Perry : Lionel Tua, le visage qui a été sa voix française

Très discret dans les médias au point que son visage était pour ainsi dire inconnu du grand public, Lionel Tua a récemment été sollicité pour un entretien hommage à Luke Perry, dont il a ainsi été la voix française dans la majorité de ses rôles.

Il est de ces voix qui traversent les générations et qui, la curiosité et l’admiration aidant, donnent envie d’en connaître l’origine. Par souci pratique, évoquons le cas Beverly Hills 90210. Les plus anciens pourront se souvenir de Luq Hamet qui, dans les années 1990, s’illustrait notamment dans le programme pour la jeunesse Hanna Barbera Dingue Dong.

Et si vous ne le saviez pas encore, ce fameux Luq a été la doublure vocale du personnage de Brandon, interprété par Jason Prestley, dans la version française de Beverly Hills 90210. Pour l’anecdote, la compagne à l’écran de Brandon, Kelly (Jennie Garth), est doublée en français (deuxième voix) par Barbara Tissier, qui prête également ses cordes vocales à la compagne de Moomin dans le dessin animé presque éponyme où ce même Moomin est doublé par… Luq Hamet.

Lionel Tua, voix française de Luke Perry : « je le voyais comme un mec bien »

Et alors que Luq Hamet et Barbara Tissier ont permis au public de connaître leurs visages respectifs, pendant fort longtemps, les admirateurs de Luke Perry et de sa voix française (dont on aura également pu profiter, entre autres, dans la sitcom américaine Mon oncle Charlie et divers spots publicitaires) n’ont pas eu cette chance.

Nos confrères d’AlloCiné viennent de réparer cette injustice, certes dans un contexte tragique après la disparition de Luke Perry le 4 mars. Lionel Tua a ainsi été invité à s’exprimer sur sa relation avec l’acteur, qu’il avoue cependant ne pas connaître autrement que par son jeu :

« Ce personnage de Luke Perry était attachant, l’homme, l’acteur. C’était un visage, un regard, une douceur dans la voix. Je le voyais comme un mec bien. Dans son travail d’acteur, c’était quelqu’un d’assez simple à suivre. Ce n’est pas un acteur de composition. Un De Niro, Pacino… Ce n’est pas un acteur formé au théâtre par exemple. Il n’a pas une gamme de jeu très étendue. »

À la base, Lionel Tua ne s’imaginait pas un avenir avec le personnage de Dylan McKay :

« C’est étonnant ce qu’il s’est passé pour Beverly Hills. Il arrive pour un tout petit rôle. Il avait une scène. Je me souviens, la première après-midi où je débarque, il a une scène en haut d’un escalier, où il parle à Brandon. Il l’appelle Minnesota. Et d’un coup, il devient une star du feuilleton. Il avait quelque chose, qui m’échappe. Je ne sais pas ce que c’est. Mais ça donnait envie de s’y intéresser. Il avait un magnétisme pour le public féminin en tout cas, et même pour le public masculin. Tout le monde s’accorde à dire qu’il se passe quelque chose quand il est à l’écran. »

Le comédien pense qu’il doit son lien avec Luke Perry au fait d’avoir été disponible au bon moment et d’avoir plus ou moins eu le même âge que lui à cette époque :

« Je suis tombé sur Luke Perry si j’ose dire parce que j’étais libre cet après-midi là, et que j’avais, je ne sais plus, 28 ans, ou un truc comme ça. Et que ça correspondait à peu près. On m’a dit : est-ce que tu es libre cet après-midi pour faire 3 boucles ? On travaille par boucle pour le doublage, c’est à dire que ce sont des scènes qui durent 1 minute, 1 minute 30, comme ça. Il avait 2 petites boucles dans un épisode. Je ne savais même pas s’il allait revenir. Je pensais que c’était un mec que croisait Brandon, le héros. Et puis, il est revenu, puis il est revenu. Et ça ne s’est jamais arrêté. Jusqu’à ce que ce pauvre garçon disparaisse si jeune. »

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