Mort massive de créatures marines au large de la Russie, une enquête est ouverte

La Russie est le théâtre depuis plusieurs semaines d’un phénomène inexpliqué. Depuis la fin du mois de septembre, de nombreuses créatures marines ont trouvé la mort et se sont échouées sur les côtes du Kamtchatka. Une enquête est ouverte.

Tout a commencé à la fin du mois de septembre. Plusieurs habitants de la région ont commencé à faire état de picotements et d’irritations cutanées après leurs baignades.

Photo de Alex Glebov - Unsplash
Photo de Alex Glebov – Unsplash

Très vite, la situation s’est aggravée et les premiers cadavres d’animaux marins sont apparus sur les plage de la péninsule.

Des peaux irritées, des animaux morts

Des cadavres de nature variée. Des phoques, des poulpes, des oursins, des poissons. Une réserve naturelle de la région a alors mobilisé une équipe de plongeurs pour sonder les profondeurs marines au large de la côte. Ils ont alors découvert des centaines de cadavres d’animaux.

D’après Ivan Usatov, un chercheur de la réserve Kronotsky, environ 95 % des espèces marines de la région seraient mortes.

Seuls quelques poissons, crevettes et crabes auraient ainsi survécu, et en petit nombre :

“Il reste quelques gros poissons, des crevettes et des crabes, mais seulement en un très petit nombre.”

Ivan Usatov, chefcheur de la réserve Kronotsky

Durant la même période, des surfeurs ont aussi rapporté des brûlures au niveau de la cornée après avoir passé seulement quelques heures dans l’eau.

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Un lien avec un site utilisé pour stocker des produits hautement toxiques ?

De son côté, la division russe de la WWF pense que le polluant responsable de la mort de tous ces animaux n’est pas du pétrole, mais plutôt une “substance incolore hautement toxique et très soluble dans l’eau”. Les chercheurs mènent évidemment l’enquête et ils ont déclaré ne vouloir négliger aucune piste. La thèse humaine est bien entendu retenue, mais ils vont également procéder à des analyses poussées afin de déterminer si l’origine du problème ne provient pas d’algues marines microscopiques.

Vladimir Solodov, le gouverneur du Kamchatka, craint pour sa part que le problème soit lié au site chimique de Kozelsky. Ouvert à la fin des années 70 pour stocker des pesticides, ce dernier n’est plus surveillé et n’a plus de propriétaire établi alors qu’il abrite pas moins de 108 tonnes de pesticides et de produits chimiques toxiques.

Le bureau du gouverneur a donc mandaté une équipe sur place afin de procéder à des tests et analyses poussées. Il faudra malheureusement attendre au moins quelques semaines avant d’y voir un peu plus clair.

En attendant, c’est tout un écosystème qui est menacé.

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