Musique et sexe, même combat !

La musique et le sexe ont beau être des activités très différentes l’une de l’autre, elles partagent visiblement bon nombre de points communs. Notamment sur le plan chimique. C’est en tout cas ce que révèle l’étude poussée menée par Adiel Mallik, Mona Lisa Chanda et Daniel J. Levitin, une étude disponible dès à présent dans la revue Nature.

Le sexe n’est pas uniquement un passe-temps agréable ou le symbole de l’union entre deux êtres, c’est aussi un acte indispensable à la survie de notre espèce.

Sexe Musique

Le sexe et la musique sont visiblement assez liés.

La nature étant bien faite, elle a fait en sorte que cet acte nous soit le plus agréable possible.

Le sexe et les opioïdes, une belle histoire d’amour

Lorsque nous avons des rapports sexuels avec notre partenaire, notre cerveau va ainsi sécréter des opioïdes. Ces substances vont ensuite exercer des effets sur les récepteurs logés dans notre système nerveux central et parasympathique. Conséquence directe, nous nous sentirons à la fois calmes et détendus. Très détendus, même.

Certains d’entre vous le savent sans doute, mais les opioïdes peuvent parfaitement être bloqués par d’autres substances chimiques, et notamment par la naltrexone.

Ce dernier fonctionne comme un inhibiteur et il est généralement utilisé pour traiter les toxicomanes ou les alcooliques. Il aide en effet les patients à se sevrer en bloquant purement et simplement les effets euphoriques générés par l’alcool et la drogue.

En parallèle, il a évidemment un impact sur le plaisir sexuel ressenti par les patients durant l’acte… et par extension sur leur libido.

Les trois chercheurs cités un peu plus haut pensent depuis longtemps que la musique procure un plaisir chimiquement proche de celui du sexe. Pour s’en assurer, ils ont donc mené une expérience assez insolite.

La musique procure un plaisir chimiquement équivalent à celui du sexe

Ils ont ainsi réuni pas moins de dix-sept volontaires et ils leur ont administré de la naltrexone afin d’empêcher leur cerveau de produire des opioïdes. Les scientifiques leur ont ensuite fait écouter leur chanson préférée tout en les observant attentivement et en surveillant leurs constantes avec divers instruments dont un Biopac MP35.

Ensuite, les trois spécialistes ont interrogé indépendamment leurs cobayes pour avoir leur ressenti sur l’expérience. Ils ont tous déclaré qu’ils n’avaient pas apprécié la musique comme d’habitude. Les relevés effectués par les instruments ont confirmé leur ressenti.

Que peut-on déduire de cette expérience ? Tout simplement que le plaisir ressenti lors de l’écoute d’une chanson appréciée est chimiquement identique à celui procuré par l’acte sexuel. La source du plaisir est exactement la même et cela vaut bien évidemment aussi pour la consommation d’alcool ou encore la prise de drogues.

Daniel Levitin estime pour sa part que le système opioïde joue un rôle bien plus important que ce que l’on pense. Cette expérience semble lui donner raison.

Par extension, elle explique peut-être pourquoi nous nous retrouvons souvent à vider des bouteilles tout en écoutant des chansons tristes après une rupture amoureuse.