Covid-19 : une nouvelle mutation détectée chez le variant B.1.1.7 du Sars-CoV-2

Pour un virus, au fur et à mesure qu’il se propage, les mutations sont tout à fait normales, ce qui lui permet par la suite de renforcer sa résistance. Et c’est d’ailleurs ce que l’on a pu observer avec le Sars-CoV-2, donnant lieu à cet éventail de variants, à l’instar du B.1.1.7 apparu au Royaume-Uni, du B.1.351 détecté pour la première fois en Afrique du Sud, et récemment du P.1 apparu au Brésil.

D’ailleurs, de récentes informations font état d’une nouvelle mutation découverte par les Anglais chez la souche B.1.1.7. Et elle inquiète une fois de plus les chercheurs.

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En effet, il est de notoriété publique que la souche B.1.1.7 a évolué pour devenir plus contagieuse. Mais avec cette nouvelle mutation de sa protéine de pointe, baptisée E484K, il semblerait que la souche B.1.1.7 soit devenue encore plus dangereuse.

Cette mutation nous montre que le coronavirus a plus d’un tour dans son sac

Découverte vers la fin de 2020, la souche B.1.1.7 a un taux de transmissibilité 50 % supérieur à celui de la souche de Sars-CoV-2 classique. Ce qui lui a permis de se propager rapidement dans toute l’Europe, jusqu’aux États-Unis. Et à force de changer d’hôtes, ce variant a changé, ce qui a créé la mutation E484K.

Depuis sa découverte, les chercheurs britanniques ont signalé plus de 15 cas positifs à une infection au variant B.1.1.7 pourvu de la mutation E484K. Toutefois, les porteurs de cette version du virus semblent jusqu’à présent rares selon les Anglais.

Pour information, la mutation E484K a eu lieu au niveau du RBD (Receptor-Binding Domain) de la protéine de pointe, une zone essentielle pour la liaison du virus avec l’enzyme ACE2 qui se trouve sur la face externe des membranes plasmiques des cellules humaines. C’est ce mécanisme qui va justement déclencher une infection au COVID-19.

Et grâce à cette mutation, le variant B.1.1.7 peut déjouer des anticorps clés, rendant la réponse immunitaire nettement moins efficace. Face à cette situation, l’efficacité des vaccins à ARNm, de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, serait réduite, selon les chercheurs. D’ailleurs, les anticorps produits après un rétablissement du COVID-19 pourraient ne pas prémunir les gens d’une infection par cette version du variant B.1.1.7.

Les experts restent toutefois optimistes. En effet, vu que les vaccins à ARNm s’administrent en 2 injections, la deuxième dose devrait offrir une protection suffisante contre le COVID-19, même dans le cas d’une infection par E484K.