Le mystère de l’astéroïde en forme d’os de chien

L’astéroïde 216 Kleopatra fait partie des rochers spatiaux qui flottent dans la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Il fait partie des premiers astéroïdes à avoir été découverts puisque les astronomes l’ont repéré en 1880. Il y a de cela 20 ans,  Kleopatra a été surnommé « os de chien » par les scientifiques à cause de sa forme composée de deux lobes et d’un « cou » épais, révélée par les observations radar effectuées à l’observatoire Arecibo.

Le 9 septembre dernier, de nouvelles images de Kleopatra ont été publiées par l’European Southern Observatory. D’après les scientifiques, les nouvelles observations suggèrent que cet astéroïde est un peu « ébouriffé » à ses extrémités. Il est possible qu’il s’agisse en fait d’une pile de débris qui a perdu quelques-uns de ses morceaux et qui a obtenu deux lunes. Les astronomes ont publié 2 articles sur Kleopatra le 19 mai et le 16 août dans la revue Astronomy and Astrophysics.

Un astéroïde dans le froid spatial
Crédits Pixabay

En ce qui concerne les images de Kleopatra, c’est l’équipe menée par l’astronome Franck Marchis du SETI Institute à Mountain View en Californie qui a capturé les images les plus détaillées jamais enregistrées de l’astéroïde.

A lire aussi : Cet astéroïde géant a 1 chance sur 2 700 de toucher la Terre en 2184 selon la NASA

Ce que les images ont révélé

Pour photographier Kleopatra, les scientifiques se sont servis du Very Large Telescope de l’ESO. A son point le plus proche de la Terre, le rocher spatial se trouve à une distance de 200 millions de km de notre planète.

Les images ont permis aux chercheurs de voir la progression de Kleopatra dans l’espace. Ils ont pu observer l’objet suivant différents angles et ont même pu créer des modèles en 3D. Les observations ont révélé que l’un des lobes était plus gros que l’autre, et que la longueur totale de l’astéroïde était de 270 km.

Selon Marchis, qui est le premier auteur de l’une des études, Kleopatra est un objet unique dans notre système solaire. Il a ajouté que la science fait beaucoup de progrès en étudiant les objets bizarres, et Kleopatra fait partie de ces bizarreries. Comprendre ce système complexe et multiple pourrait ainsi nous aider à en apprendre davantage sur notre système solaire.

A lire aussi : Il y a deux objets étranges dans la ceinture d’astéroïdes

Les lunes de Kleopatra

Le nom de Kleopatra vient de celui de la célèbre reine de l’Egypte ancienne. L’on sait également que ses deux lunes ont été nommées AlexHelios et CleoSelene, qui sont en fait les noms des deux frères de la reine.

Miroslav Broz du Charles University de Prague a été l’auteur principal de l’autre étude concernant Kleopatra. A l’aide des nouvelles observations, lui et son équipe ont essayé de trouver les orbites correctes des deux lunes. Broz a déclaré qu’il fallait trouver la solution à ce problème parce que les orbites déterminées auparavant étaient fausses. Il a ajouté que tout était faux, même la masse calculée de Kleopatra.

Ainsi, Broz et son équipe ont trouvé la clé du mystère en utilisant les nouvelles observations et en faisant des modélisations pour découvrir l’influence gravitationnelle de l’astéroïde sur le mouvement des lunes. Lorsqu’ils ont pu définir les orbites des satellites, ils ont pu calculer la masse de l’astéroïde. Ils ont trouvé que sa masse était 35% inférieure à ce qu’on avait estimé auparavant. Sa densité est aussi inférieure lorsqu’on compare les résultats avec les résultats précédents. Les scientifiques pensent aujourd’hui que Kleopatra n’est en fait qu’un tas de débris formé à partir des matériaux provenant d’un impact géant. D’après eux, si l’astéroïde tournait plus vite, il se disloquerait. Les astronomes pensent d’ailleurs que les deux lunes se sont formées de cette façon, c’est-à-dire à partir de pièces qui ont été emportées par des petits impacts.

Mots-clés astronomie