Nancy Grace Roman Space Telescope, le télescope qui nous en apprendra plus sur les planètes flottantes

Les astronomes ont pris connaissance de l’existence de corps planétaires errant dans l’espace depuis un certain temps. Une équipe de chercheurs qui s’intéresse à l’étude de ces mondes flottants attend de avec impatience le déploiement du Roman Space Telescope de la NASA. Le satellite artificiel est justement conçu pour répondre à des questions fondamentales sur les exoplanètes et l’astronomie infrarouge.

L’instrument va analyser l’énergie noire et la matière noire, deux éléments qui sont jusqu’ici entourés de mystères.

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La sonde sera équipée d’un télescope infrarouge muni d’un miroir de 2,4 mètres de diamètre. Elle embarquera également un dispositif spécifique appelé « Wide Field Instrument » et un coronographe. Son champ de vision serait cent fois plus large que celui de Hubble.

Si tout se passe bien, l’engin sera lancé en 2025 et sera placé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Les résultats de l’étude ont été publiés dans Astronomical Journal.

Pour mieux comprendre l’ordre cosmique des choses

Les scientifiques pensent que l’étude des planètes vagabondes devrait permettre de comprendre la formation et l’évolution des systèmes planétaires. Les corps nomades qui dérivent à travers notre galaxie, sans être attachés à une étoile, sont néanmoins difficiles à détecter. Le Roman Space Telescope serait l’instrument idéal pour les localiser et les caractériser.

« Au fur et à mesure que notre vision de l’univers s’élargit, nous avons réalisé que notre système solaire pouvait être différent. Roman Space Telescope nous apprendra plus sur l’ordre cosmique des choses en étudiant les planètes voyous », a déclaré Samson Johnson, étudiant à l’université de l’Ohio et auteur principal de la présente étude.

Les scientifiques misent sur la méthode de microlentille gravitationnelle pour effectuer la localisation. Le fait est que la planète voyou agit comme une loupe cosmique qui fait briller l’étoile se trouvant derrière elle lorsque les deux objets s’alignent. La mesure de ce pic de luminosité dans le temps donne quelques indices sur la masse de la planète.

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Une innovation qui changera la donne ?

« Le signal de microlentille d’une planète orpheline ne dure que quelques heures à quelques jours, puis disparaît à jamais. Cela les rend difficiles à observer, même avec plusieurs télescopes. Roman changera tout cela », a déclaré Matthew Penny, coauteur de l’étude et professeur adjoint de physique et d’astronomie à l’université de Louisiane

L’observation se ferait juste au-dessus de l’atmosphère, dans la direction opposée au Soleil. Le télescope devrait fournir une vue plus nette et permettre de scruter une partie du ciel de façon permanente pendant des mois. Johnson et ses collègues estiment que l’instrument est dix fois plus efficace que les autres appareils disponibles à ce jour pour rechercher des planètes vagabondes.

Ce télescope spatial sera géré à Goddard, une municipalité américaine située dans le comté de Sedgwick au Kansas, par une équipe scientifique américaine. Le projet implique la participation du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, de Caltech/IPAC à Pasadena, et de l’Institut scientifique du télescope spatial à Baltimore.

Rappelons que le nouvel instrument de l’agence américaine a été baptisé en hommage à Nancy Roman, alias « mère de Hubble ». Décédée le 26 décembre 2018, elle a été la première femme à avoir exercé en tant que cadre au sein de la NASA. Elle faisait partie de l’équipe qui a conçu le satellite Cosmic Background Explorer et le télescope spatial Hubble.

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