Natural Cycles, une application mobile en guise de contraceptif ?

Natural Cycles n’est clairement pas une application comme les autres. C’est même tout le contraire en réalité, car elle a été pensée pour pouvoir se substituer aux contraceptifs comme la pilule ou même le préservatif. Comment ? En se basant sur le cycle de fécondité des femmes et donc sur leur température corporelle.

L’outil a été imaginé par Elina Berglund, une Suédoise qui a travaillé pendant plusieurs années comme chercheuse dans le domaine de la physique des particules.

Natural Cycles

Natural Cycles veut remplacer la pilule et le préservatif.

Passionnée et véritable touche-à-tout, cette ancienne scientifique s’intéresse depuis plusieurs années à la fécondité et à la contraception.

Natural Cycles : un algorithme comme moyen de contraception ?

Lassée des moyens de contraception habituels, Elina a commencé à travailler en 2013 sur un algorithme prédictif capable d’analyser le cycle menstruel de la femme pour déterminer avec précision sa période d’ovulation et donc son niveau de fécondité.

Ce qui n’était qu’un simple passe-temps est devenu un véritable moteur à ses yeux et elle a donc décidé à la même époque de quitter son emploi pour fonder sa société et donner naissance à Natural Cycles.

Le concept est assez simple. Comme son nom le suggère, cette application se base sur les cycles de fécondité de la femme pour déterminer si elle peut avoir des rapports sexuels sans se protéger. Pour ce faire, elle s’appuie sur diverses données et notamment sur la température corporelle de l’utilisatrice.

Natural Cycles a été testé sur plus de 150 000 femmes pendant plusieurs mois et tout s’est visiblement bien passé, car l’application a obtenu l’autorisation des organismes de santé allemands. Elle est disponible sur le Play Store et l’AppStore depuis quelques jours.

Ces quelques lignes vous rappellent peut-être vaguement quelque chose. Ce n’est effectivement pas la première fois que des scientifiques élaborent une méthode de contraception basée sur le cycle menstruel.

La méthode Ogino remise au goût du jour

Dans les années 20, un chercheur du nom de Kyusaku Ogino a effectivement découvert que l’ovulation de la femme ne se produisant en règle générale qu’une seule fois au cours de son cycle. En poussant plus loin ses investigations, il s’est rendu compte que la période d’ovulation était habituellement comprise entre le douzième et le seizième jour après le début de la menstruation.

En croisant cette donnée avec celle de la durée de vie des spermatozoïdes, il a donc pu déterminer la période à laquelle la femme était la plus féconde. L’idée de départ était évidemment de permettre aux couples de maximiser leurs chances de conception, mais un gynécologue autrichien du nom de Hermann Knaus a voulu aller plus loin et faire de cette méthode une technique de contraception.

Kyusaku Nakamura était contre, bien entendu. D’après lui, cette méthode comportait beaucoup trop de zones d’ombre et il a tenté à plusieurs reprises de faire entendre raison à son collègue. En pure perte.

Pie XII a en effet présenté cette technique comme une méthode de contraception dans les années 50, à l’occasion d’un discours fait devant l’Association catholique italienne des sages-femmes. Beaucoup de couples l’ont adoptée et le taux de natalité a brusquement augmenté en flèche.

Il faut donc espérer que l’algorithme de Natural Cycles sera plus efficace. En attendant, il sera sans doute préférable de faire attention et d’utiliser des méthodes plus conventionnelles.