Ne regardez pas ce navet sur Netflix

Si Netflix peut compter sur de très bons programmes à son catalogue, comme cette excellente série policière par exemple, tous les contenus proposés sont loin de mériter que vous vous y attardiez. Et il y a un film, en particulier, qui est en train de faire un véritable tabac, mais que vous aurez tout intérêt à éviter.

Netflix ne privilégie aucun genre en particulier et c’est ce qui fait la richesse du service. Peu importe que vous soyez passionnés de SF, mordus de séries policières ou encore fans d’animes, vous trouverez forcément un contenu susceptible de vous plaire.

Maman vampire dans Blood Red Sky
Crédits Netflix

Il en va bien entendu pour les contenus horrifiques ou gore.

Attention, la suite de l’article comprend des spoilers sur l’intrigue de ce film. Mais comme nous vous déconseillons de le regarder, ce n’est pas bien grave.

Or justement, il y a un film d’horreur en ce moment qui cartonne fort sur la plateforme : Blood Red Sky.

Blood Red Sky, un synopsis prometteur

A la base, le synopsis du film est plutôt prometteur. Intéressant, même.

Il met effectivement en scène une femme malade qui voyage de nuit sur un vol avec son fils pour se rendre aux Etats-Unis. Elle doit en effet rencontrer un docteur qui pense pouvoir la guérir de son mal.

Mais voilà, le vol en question va être détourné par un groupe armé et violent, un groupe qui a pour projet de faire exploser l’avion et de mettre l’affaire sur le dos de prétendus terroristes. Pourquoi ? Vous ne le saurez jamais malheureusement, puisque le long-métrage ne creuse pas du tout cet aspect du scénario.

Le fils, qui semble plutôt intelligent, va alors trouver un moyen d’échapper au groupe en se réfugiant dans la soute de l’avion. Et alors que sa mère lui interdit formellement de le faire, il finit par échapper à sa vigilance, comme par magie. Elle se précipite donc pour le ramener et elle se fait tuer par le psychopathe du groupe armé.

Sauf qu’elle n’est pas vraiment morte. En réalité, et nous l’avions vu venir à deux kilomètres, cette femme n’est pas atteinte par une maladie commune. Elle souffre en effet de vampirisme. Rien que ça.

La suite du film est une succession de scènes gores sans intérêt. La femme, qui parvient à conserver un semblant de conscience alors que tous les autres vampires deviennent des créatures assoiffées de sang dès la première morsure, va se battre pour sauver son fils et l’équipage.

Elle va donc tuer une bonne partie du groupe armé, à l’exception du psychopathe qui va lui voler son sang pour se l’injecter et se transformer en vampire… avant de contaminer une bonne partie des personnes présentes à bord de l’avion. Il s’en suit une espèce de guerre de survie entre les rares survivants et la maman vampire et les personnes transformées.

Maman et fiston
Crédits Netflix

Un scénario trop léger

Si l’histoire ne manque pas d’intérêt sur le papier, elle est malheureusement très mal exploitée.

En réalité, le principal problème de ce film, c’est qu’il reste trop en surface. Les motivations du groupe armé, par exemple, ne sont pas creusées. On ne connaît pas leur passé, si ce n’est que le psychopathe a fait de vilaines choses par le passé et pendant la guerre.

Et c’est la même chose du côté de la maman vampire. Si le film nous propose quelques flashbacks pour mieux comprendre ses origines, il pose finalement plus de questions.

Vers la moitié de Blood Red Sky, nous apprenons en effet que la maman vampire n’a pas toujours été comme ça et qu’elle filait à l’époque le parfait amour avec l’élu de son coeur.

Alors que son fils n’était qu’un bébé, ce qui nous ramène à une bonne dizaine d’années en arrière, le couple est tombé en panne dans une région isolée de tout. La suite, vous la connaissez déjà, et sans avoir eu besoin de regarder le film. Le père est parti chercher des secours, mais il n’est pas revenu. La mère a donc pris son fils pour suivre ses traces, ce qui l’a amenée dans une maison isolée de tout. Et après avoir retrouvé le cadavre de son bien-aimé dans la cave de cette demeure, elle finit par être attaquée par un vampire qu’elle parvient à tuer, mais qui la mord à la main.

Ensuite, vers la fin du film, on découvre que notre maman ordinaire a réussi à retrouver le chemin de son appartement, mais qu’elle a commencé à développer les symptômes du vampirisme, ce qui l’a poussé à retourner dans cette fameuse maison isolée… où elle a fini par rencontrer un vieil homme qui n’était autre que le père du vampire.

Un père aimant et qui va bien entendu tenter de la tuer, en pure perte.

Ensuite, la maman vampire récupère quelques fioles contenant un produit permettant de limiter les effets de la transformation et elle repart pour s’occuper de son fils. Durant dix ans. Dix ans sans se transformer, sans être tentée de tuer et sans pouvoir sortir la nuit. Jusqu’à ce qu’elle rencontre, on ne sait comment, un médecin américain capable de la guérir.

Dominic Purcell dans Blood Red Sky
Crédits Netflix

Un non-sens complet du début à la fin

Ce qui caractérise le mieux Blood Red Sky, finalement, c’est le non-sens de son histoire. Rien ne va dans ce film.

On l’a vu, la maman vampire arrive par on ne sait quel miracle à élever son fils pendant dix ans sans le vider de son sang. Tout ça avec une poignée de fioles volées dans la cave d’une vieille maison.

Ensuite, acculée, elle vide un pauvre chien de son sang pour avoir la force de guérir aux balles tirées par le psychopathe. Ce qui lui permet de prendre le dessus et de tuer l’un des membres du groupe armé… qu’elle vide aussi de son sang. Et tout ça sans perdre le contrôle et sans perdre son identité, alors que toutes les autres personnes mordues se transforment en quelques minutes à peine.

Pourquoi une telle différence de traitement ? Parce que la maman vampire est une gentille, au fond. Et qu’elle a un fils. A croire que l’amour maternel reste le meilleur remède contre le vampirisme.

On peut également citer la performance navrante de Dominic Purcell, révélé par Prison Break. C’est en effet lui qui incarne le chef du groupe armé. Enfin, incarner, c’est un bien grand mot. Il semble principalement là comme prête-nom, avec des tirades ineptes servies par un jeu d’une mollesse abyssale.

Un film décevant, donc, ce qui ne l’a pas empêché de décrocher la première place du classement Netflix. Mais si vous voulez un conseil, ne perdez pas deux heures de votre vie à le regarder.

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