Nectome, l’entreprise qui offre l’immortalité à ses clients, a perdu le soutien du MIT

Nectome n’est pas une entreprise tout à fait comme les autres. Elle a en effet mis au point un processus de conservation permettant de conserver le cerveau de ses patients intacts pendant plusieurs siècles… en vue de leur offrir l’immortalité. Très décriée, la société a perdu le soutien du MIT.

Nectome a été fondée par deux anciens étudiants de la prestigieuse école. L’entreprise est basée en Californie et elle a mis au point une technique d’embaumement permettant de conserver intact le cerveau des personnes mourantes en vue de leur offrir une nouvelle vie.

Cerveaux artificiels

La startup pense en effet que les évolutions technologiques futures permettront de transférer les cerveaux de corps en corps ou même de numériser l’identité et la personnalité des individus.

Nectome, une entreprise très décriée

En attendant, elle a donc mis au point une technique de conservation permettant d’embaumer le cerveau d’une personne au moment de sa mort. Seul bémol, pour fonctionner, l’individu en question doit être tué en amont du processus et de subir aucun dommage physique.

L’immortalité dans la mort, en somme. Plutôt poétique, n’est-ce pas ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Nectome est prise très au sérieux dans la Silicon Valley et l’entreprise bénéficie ainsi du soutien de l’incontournable Y Combinator, une société très en vue spécialisée dans le financement de startups. Encore plus fou, Sam Altman, son dirigeant, fait partie des vingt-cinq personnes inscrites à son programme de conservation.

Le MIT soutient depuis le départ ses deux anciens étudiants, mais le célèbre établissement a finalement décidé de prendre un peu de recul.

Pour ne rien arranger, la nouvelle a été rendue publique par le biais d’un communiqué de presse assez cinglant :

“Les neurosciences n’ont pas suffisamment progressé pour savoir si une méthode de préservation du cerveau est suffisamment puissante pour préserver toutes les biomolécules liées à la mémoire et à l’esprit.

“On ne sait pas non plus s’il est réellement possible de recréer la conscience d’une personne.

“Étant donné que nous ne connaissons pas l’ensemble des molécules nécessaires à une telle opération, nous ne pouvons pas dire si une technique de préservation du cerveau est suffisante pour préserver tous les détails biomoléculaires requis pour préserver les souvenirs et autres informations liées à l’esprit”.

Le MIT ne soutient plus l’entreprise

En d’autres termes, le MIT remet totalement en question le procédé mis au point par Nectome, un procédé qui semble finalement tenir davantage de la science-fiction et du fantastique que de la science à proprement parler.

Toutefois, le bilan n’est pas totalement négatif. Dans son communiqué, l’établissement indique également que ce domaine d’étude présente un intérêt certain. La critique porte donc davantage sur la technique mise au point par l’entreprise, une technique loin d’être anodin.

Il faut tout de même signaler que  Nectome n’est pas la seule entreprise à s’intéresser à la numérisation de l’individu. Ray Kurzweil, le directeur de l’ingénierie de Google, pense aussi que nous serons à terme capables de télécharger notre identité dans des ordinateurs.

Histoire d’enfoncer un peu plus le clou, le MIT a également indiqué dans son communiqué que Ed Boyden, son neuroscientique, n’avait aucune implication dans l’entreprise, et ce alors même que les fondateurs de Nectome ont évoqué à plusieurs reprises l’implication de ce dernier dans leurs propres travaux.

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