NEOWISE photobombée par les satellites de Starlink

Le 27 mars 2020, le télescope spatial NEOWISE a permis la découverte de la comète du même nom, également connue sous l’appellation de C/2020 F3. Cette comète rétrograde a atteint le point de son orbite le plus proche de la Terre le jeudi 23 juillet 2020. À l’heure de la rédaction, l’objet est toujours visible dans le ciel de l’hémisphère nord. Il se déplace de la Grande Ourse vers la Chevelure de Bérénice.

Son observation dans le ciel nocturne est, par contre, gênée par les fameux satellites Starlink.

Crédits Pixabay

Depuis le lancement de ce projet de SpaceX, en 2015, la communauté astronomique a fait part de ses inquiétudes quant à la pollution lumineuse qu’allaient engendrer les engins. Actuellement, seulement une centaine de satellites Starlink a été lancée dans l’espace. Toutefois, la société d’Elon Musk prévoit d’y envoyer une quarantaine de milliers de ces instruments pour offrir un accès à internet haut débit partout dans le monde.

En ce moment, les astrophotographes sont d’autant plus frustrés, car la comète ne reviendra pas dans les parages avant 6 800 ans. Pour beaucoup d’entre eux, le passage de NEOWISE est une de ces occasions où chaque cliché compte.

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À la plus grande frustration des astrophotographes

Rappelons qu’Elon Musk a déjà réagi aux préoccupations des astronomes. Ainsi, SpaceX a doté ses nouveaux satellites d’un système de pare-soleil anti-éblouissement. Par contre, les satellites plus anciens continuent de réfléchir la lumière solaire et d’empêcher une vue plus complète de l’espace.

Pour l’occasion, l’astrophotographe Stacey Downton, alias AstroStace, a inventé un nouveau terme : « starlinked ». Elle utilise le mot pour qualifier les observateurs gênés par l’interférence de la constellation avec le ciel nocturne.

À sa plus grande déception, John Crouch, un photographe d’architecture et de commerce basé à Chicago, a su que l’observation de NEOWISE est sujette à des interférences mercredi soir. Il l’a découvert au moment où il allait prendre des clichés.

« Je ne prends pas souvent de photos du ciel nocturne et la nuit dernière était la première fois depuis quelques années », a-t-il souligné. « J’ai été quelque peu choqué par le nombre de passages de satellites qui se sont retrouvés sur les photos. J’ai passé environ six heures à photographier et je dirais que la moitié ou les deux tiers des photos ont été pris avec des satellites Starlink. »

L’astrophotographe a noté qu’il lui a fallu six heures de plus atteindre le lieu d’observation et revenir chez lui. Selon ses termes, « l’ironie est que le projet de Musk qui consiste à fournir des services aux zones mal desservies nuit à l’un des rares avantages uniques de la vie dans un environnement isolé ».

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Une nécessité de recadrer le projet de SpaceX ?

Mark Brown, un astrophotographe basé dans l’Iowa, a fait allusion à une crise de pollution du ciel liée aux satellites Starlink.

Son homologue Julien H. Girard, physicien et scientifique de soutien à l’Institut scientifique du télescope spatial de Baltimore et passionné de technologie, a reconnu être fasciné par les projets de SpaceX. Néanmoins, il a souligné la nécessité de plus de réglementations, d’évaluations scientifiques et éthiques, ainsi que d’une planification à long terme.

Pour le moment, en recourant à certains logiciels, les astronomes les plus équipés arrivent à supprimer les satellites des images qu’ils ont capturées. Toutefois, ils craignent que ce soit bientôt impossible, notamment lorsque la constellation sera complète.

Jusque-là, SapceX n’a pas encore réagi aux commentaires.

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