Netsweeper bloque du contenu LGBTQ dans 30 pays

Le 25 avril 2018, le groupe de recherche Citizen Lab basé à Toronto a publié un rapport dans lequel il révèle que Netsweeper, une entreprise internet canadienne, a censuré des contenus non pornographiques LGBTQ dans une trentaine de pays, dont 10 qui ont « soulevé des problèmes systématiques de droits humains. »

D’après Citizen Lab, Netsweeper possède des installations particulières et utilise des solutions de filtrage de pointes pour bloquer les sites dans des pays comme l’Afghanistan, le Bahreïn, l’Inde, le Koweït, le Pakistan, le Qatar, la Somalie, le Soudan, les Émirats ou encore le Yémen.

Selon le rapport du Citizen Lab, la démarche qu’a entreprise Netsweeper est particulièrement alarmante.

Une politique qui porte atteinte aux droits des LGBTQ

Citizen Lab affirme que l’objectif de Netsweeper n’est pas seulement de bloquer des contenus non pornographiques LGBTQ mais aussi de bloquer des contenus offerts par les organisations de défense des droits civiques et de défense de la communauté LGBTQ, des médias et des groupes culturels. Pour un pays comme le Canada, cela est grave comme l’a indiqué Ron Deibert, directeur du Citizen Lab.

« Étant donné que la politique étrangère du Canada a placé les questions d’équité entre les deux sexes en tête de son ordre du jour, voici ce que nous voulons souligner ici : une entreprise canadienne mine activement ces droits à l’étranger en facilitant la censure dans les pays où ces droits ne sont pas respectés. » explique-t-il.

Un logiciel de filtrage

En réponse au rapport du Citizen Lab, Netsweeper a déclaré que la marque ne pouvait pas empêcher les utilisateurs locaux de personnaliser manuellement leur logiciel de filtrage dont une version est également commercialisée auprès des écoles. Toutefois, Citizen Lab a indiqué que Netsweeper avait bel et bien des interactions continues avec les logiciels locaux dans les pays où il est déployé.

Selon Citizen Lab, l’entreprise internet canadienne devrait donc être pleinement consciente lorsque son logiciel est mal utilisé. Selon Ron Deibert : « Ils ont la responsabilité de corriger des choses comme ça quand ils se produisent. »

D’après les observateurs, il est évident que Netsweeper ne respecte pas les obligations internationales en matière de droits humains.