Nokia va bientôt laisser tomber le français Withings

En février, Nokia voyait l’une de ses notes internes fuiter sur le net. On y découvrait notamment que la firme finlandaise n’avait plus l’intention de continuer à « se débattre » avec sa division santé, créée suite au rachat de la start-up française Withings. Conséquence directe de cette récente introspection du constructeur, la cession prochaine de l’entreprise hexagonale spécialisée dans la conception d’objets connectés – et à un prix de revente bien plus bas que celui d’achat.

Acquis pour la bagatelle de 170 millions d’euros il y a à peine deux ans, Withings serait en effet sur le point d’être cédé pour une trentaine de millions seulement. La cause de cette spectaculaire dégringolade ? Une surestimation de la valeur initiale de la jeune société.

Racheté il y a deux ans par Nokia, le français Withings, va très probablement être revendu. Une mauvaise nouvelle pour le concepteur d’objet connecté, qui voit au passage sa valeur dégringoler de façon vertigineuse.

C’est en tout cas ce qu’avait expliqué très clairement Nokia en février. Un mois et demi plus tard, une transaction se profile à l’horizon et elle impliquerait un membre des GAFAMs, comme l’expliquent Les Echos dans un article publié dernièrement. Le quotidien y indique entre autres que ce rachat interviendrait d’ici un mois et que le dossier serait suivi de très près par le gouvernement français.

La question des données personnelles encore une fois au cœur des débats

Si rachat il y a, c’est – à priori – une entreprise non européenne qui hériterait de la start-up tricolore. Cela mettrait donc une nouvelle fois sur le tapis l’épineuse question de la mainmise des géants américains et chinois de la Tech sur les données personnelles. D’où le rôle de régulateur que l’État français semble vouloir adopter dans cette affaire.

À noter que l’avenir de Withings est loin d’être facile à prédire. « Plutôt que de tomber amoureux de notre technologie, nous devons être honnêtes envers nous-mêmes. (…) Nous ne voyons pas de chemin pour que [la division santé, créée suite au rachat de Withings] puisse contribuer de manière significative à une entreprise aussi grande que Nokia » déclarait son actuel propriétaire il y a quelques semaines.

Si son futur acquéreur souhaite faire mieux que Nokia, nul doute qu’il lui faudra repartir sur de bonnes bases et revenir aux fondamentaux de la marque. Une démarche que le finlandais aurait probablement adoptée si l’entrée de Withings dans son giron ne s’était pas déroulée de manière aussi flottante.

Comme le rappellent Les Echos, Ramzi Haidamus, président de Nokia Technologies en 2016, avait quitté son poste juste après l’achat de Withings et n’avait donc pas pu suivre le dossier qu’il avait contribué à ouvrir. Une situation qui n’avait pas aidé la start-up française à faire une entrée en bonne et due forme chez le géant scandinave…

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