Non, les planètes voisines de Trappist-1 ne sont pas forcément habitables !

Trappist-1 fait la une de tous les médias depuis le début de la semaine et cela n’a rien de surprenant car cette naine rouge située à 40 années-lumière de chez nous est voisine de trois planètes relativement proches de la nôtre. Oui mais voilà, contrairement à ce qui a été dit dans la presse, ces fameuses planètes ne sont pas forcément habitables et il faudra donc attendre encore un peu avant d’envoyer votre préavis à votre proprio.

Comme son nom ne l’indique pas forcément, Trappist-1 est une naine ultra-froide venant se placer à mi-chemin entre les naines rouges et les naines brunes. Sa température effective est donc inférieure à 2 700 kelvins.

Habitabilité Trappist-1

Il va falloir attendre encore un peu avant de quitter notre bonne vieille Terre.

Elle a été découverte par une équipe constituée d’astronomes de l’Université de Liège et de chercheurs du MIT, une équipe qui s’est appuyée sur le Transiting Planets and Planetesimals Small Telescope pour faire leurs observations.

Trappist est un télescope totalement autonome

Situé à l’observatoire de La Silla, au Chili, ce télescope robotique est géré par l’Université de Liège et il est contrôlé à distance depuis la ville belge. Doté d’un diamètre de 60 centimètres, il est totalement autonome et il n’a pas besoin de la présence d’un opérateur pour fonctionner.

Il se destine à l’étude des systèmes planétaires et il est notamment utilisé pour étudier les comètes en orbite autour du Soleil ou pour détecter les exoplanètes. Là, il applique une technique similaire à celle de Kepler et il s’appuie ainsi sur la célèbre méthode des transits.

Trappist s’est illustré à maintes reprises au fil des années et il a notamment été utilisé en 2010 pour déterminer la taille d’une planète naine situé dans le système solaire, (136199) Eris. Toutefois, c’est surtout grâce à son travail sur Trappist-1 que le télescope s’est fait connaître auprès du grand public.

En observant la constellation du Verseau, les astronomes affectés au télescope ont découvert une naine rouge située à environ 40 années-lumière de notre bonne vieille planète.

Elle n’est pas la première du genre, bien sûr, mais elle a une particularité très intéressante : elle est voisine de trois planètes placées dans son orbite.

Fascinés par le phénomène, les chercheurs ont entrepris de dresser le portrait-robot de ces planètes et ils se sont alors rendus compte qu’elles étaient d’une taille similaire à celle de la Terre ou de Vénus.

Deux de ces planètes ne sont clairement pas habitables

Très vite, l’information a commencé à faire le tour des médias et certains sites ont fini par dire qu’il y avait de grandes chances que ces planètes soient habitables.

Dans les faits, ce n’est pas forcément le cas. Les scientifiques responsables de la découverte précisent en effet dans leur article que deux de ces planètes sont situées très près de leur étoile.

Trop près même car les rayonnements qui les bombardent sont entre deux et quatre fois plus intenses que ceux qui baignent notre planète. En d’autres termes, les températures à sa surface doivent être extrêmement élevées.

Et la troisième planète alors ? Pour le moment, les astronomes ne sont pas encore parvenus à déterminer la distance la séparant de son étoile et il est donc trop tôt pour évoquer son habitabilité.

Il est important de souligner que ces trois planètes ne sont pas les premières exoplanètes détectées par nos instruments. Loin de là, même.

La seule chose qui les rend intéressantes, finalement, c’est qu’elles sont situées dans l’orbite d’une naine rouge dotée d’une luminance plus faible que celle d’une étoile traditionnelle.

Cette particularité, et le fait que le système soit assez proche du nôtre, devrait donc beaucoup simplifier les observations futures.

Mots-clés astronomieespace