Nos ancêtres se sont mystérieusement éteints il y a 117 000 ans et on ne sait pas pourquoi

Vers le début des années 30, des anthropologues néerlandais ont découvert un lit géant d’ossements, caché au-dessus des rives de la rivière Solo sur l’île indonésienne de Java. Plus de 25 000 spécimens de fossiles étaient enterrés dans la boue de la rivière dans une zone dénommée Ngandong. Parmi les ossements, il y avait 12 calottes de crâne et deux os de jambes provenant d’un ancêtre de l’homme particulièrement intrigant, l’Homo erectus.

Cette espèce humaine primitive avait vécu pendant presque 2 millions d’années et s’était répandue à travers une partie de l’Afrique et en Asie. Toutefois, les scientifiques ont été jusqu’ici incapables de savoir où les derniers d’entre eux se sont éteints. Les efforts pour déterminer l’âge exact des fossiles de Java n’ont pas vraiment aidé puisque les résultats étaient vagues avec un intervalle entre 550 000 et 27 000 années.

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Une étude publiée le 19 décembre dernier dans le journal Nature a cependant répondu à cette question sur le sort des derniers H. erectus.

Les résultats de la nouvelle étude

Les anthropologues derrière la récente étude ont daté les sédiments autour de la rivière au lieu des fossiles. Ils sont ainsi arrivés à déterminer un intervalle moins large pour les crânes. Les résultats ont montré que les individus H. erectus ont péri en masse il y a 117 000 à 108 000 années.

Cela signifie que les ossements retrouvés à Ngandong représentent la dernière apparition connue de l’H. erectus dans les archives archéologiques.

D’après les auteurs de l’étude, les calottes de crâne et les os de jambes trouvés à Ngandong représentent la plus grande découverte de H. erectus sur un seul site. D’après Kira Westaway, co-auteur, sur les calottes de crâne, il manquait certaines parties puisque les squelettes ont été endommagés lorsqu’ils ont été emportés par la rivière lors d’une inondation.

Le fait que tous les ossements aient été emportés au même moment suggère que les 12 individus H. erectus à qui ils appartenaient sont morts simultanément de ce qui pourrait être une mort massive.

Le changement climatique comme cause de la mort ?

Russell Ciochon, l’un des co-auteurs de l’étude a indiqué qu’ils ne sont pas vraiment sûrs de la cause de la mort des individus en question. Cependant, une des théories suggérées est le changement climatique. Il y a 110 000 à 120 000 années, le monde passait d’une ère glaciaire à une ère interglaciaire, la température a ainsi augmenté. Java, qui est maintenant couverte d’une forêt tropicale, était à l’époque couverte de bois.

Au moment de l’extinction de l’espèce H. erectus, l’environnement de l’île a commencé à devenir plus humide avec la hausse des températures, ce qui a permis à la forêt tropicale de se développer. Il est ainsi possible que les ancêtres des humains qui y vivaient n’aient pas pu s’adapter.

D’après Ciochon, aucun fossile de H. erectus n’a été retrouvé après ce changement d’environnement, ce qui fait que l’espèce a probablement été incapable de s’adapter à ce nouvel environnement fait de forêt tropicale.

Selon les explications de Ciochon, les humains primitifs de Java n’ont peut-être pas été en mesure de trouver les sources de nourriture qu’ils consommaient d’habitude. Ils ont également pu devenir plus vulnérables aux prédateurs dans la forêt tropicale.

Avec ces nouveaux résultats, les chercheurs ont pu répondre à certaines questions concernant l’espèce Homo erectus. Ces nouvelles données leur permettront aussi de déterminer quelles autres espèces humaines ces derniers ont pu croiser durant leur existence.

Mots-clés anthropologie