Nous avons peut-être été témoins de la naissance d’une planète

Les astronomes ont repéré des signes de ce qui semble être la naissance d’un système stellaire autour d’AB Aurigae. Cette jeune étoile  est située à 520 années-lumière de la Terre, dans la constellation d’Auriga. Le télescope de l’ESO (observatoire européen pour l’hémisphère sud) est, désormais, capable de fournir des indices cruciaux qui aideront les scientifiques à mieux comprendre ce processus.

Les planètes se forment dans les disques poussiéreux qui entourent les jeunes étoiles lorsque le gaz froid et la poussière s’agglutinent. Les images ont, alors, montré une torsion qui indique la présence de ce phénomène. L’équipe pense qu’une naissance a lieu précisément dans cet endroit.

La photo d'un ciel étoilé

Crédits Pixabay

Les premiers indices ont été découverts par ALMA (Atacama Large Millimeter Array). Les images fournies par ce télescope ont démontré deux bras de gaz en spirale situés dans la région interne du disque, près d’une jeune étoile.

Un puissant système d’imagerie

« Jusqu’à présent, des milliers d’exoplanètes ont été identifiées, mais on ne connaît pas beaucoup de choses sur leur formation », a expliqué Anthony Boccaletti, de l’Observatoire de Paris (Université PSL, France), qui a mené l’étude

Le nouveau système d’imagerie de l’ESO est très puissant. Il a fourni des images qui mettent en évidence une étonnante spirale de poussière et de gaz. Ce phénomène crée des perturbations dans le disque, qui prennent la forme d’une vague, un peu comme le sillage d’un bateau sur un lac. Il signale la présence de bébés planètes.

« Cette torsion correspond à la connexion de deux spirales, l’une s’enroule vers l’intérieur de l’orbite de la planète, l’autre s’étend vers l’extérieur. Ceux-ci se rejoignent à l’emplacement de la planète. Elles permettent au gaz et à la poussière du disque de s’accréter sur la planète en formation et de la faire croître », a déclaré la coauteure Anne Dutrey.

Une organisation astronomique intergouvernementale

L’ESO est en train de construire un télescope extrêmement puissant qui effectuera de grands travaux de pointe pour étudier le monde extrasolaire. Il permettra aux astronomes d’obtenir des vues encore plus détaillées des planètes en formation.

« Nous devrions être en mesure de voir directement et plus précisément comment la dynamique du gaz contribue à la formation des planètes », espère Boccaletti.

L’ESO est une organisation intergouvernementale d’astronomie en Europe qui réunit seize États membres. Elle mène un programme ambitieux axé sur la conception, la construction et l’exploitation des observatoires au sol et permet aux astronomes de faire d’importantes découvertes scientifiques.

Mots-clés exoplanètes