Nous vivons peut-être tous dans une bulle géante

Plusieurs études astronomiques récentes ont montré que l’univers s’étend constamment. D’ailleurs, le rythme suivant lequel le cosmos se développe semble s’accélérer de plus en plus. Les chercheurs estiment le taux d’expansion des frontières cosmiques, appelé constante de Hubble (H0), à travers des mesures du fond de micro-ondes cosmique (CMB), la plus ancienne lumière observable dans l’univers.

Ils ont également établi deux constantes de Hubble qu’ils n’arrivent pas encore à concilier.

Une bulle glacée posée sur un tronc d'arbre

Crédits Pixabay

Selon Lucas Lombriser, un physicien théoricien de l’Université de Genève, les écarts  entre les deux constantes pourraient s’expliquer par une surestimation de la densité du coin de l’univers où la Terre est située par rapport à la densité cosmique moyenne de la matière. D’après son hypothèse, il se peut que la planète bleue se trouve dans une « bulle de Hubble » locale.

Le physicien définit la bulle de Hubble comme une zone gigantesque dans l’espace qui est comparativement moins dense que le reste de l’univers. La recherche a été détaillée dans Physics Letters B.

Une région étrangement vide du cosmos

L’Agence spatiale européenne, à travers le satellite Planck, estime la constante à environ 67,4 kilomètres/seconde pour chaque million de parsecs. Notons qu’un parsec équivaut à 3,26 années-lumière. Cette mesure est basée sur des données du fond de micro-ondes cosmique (CMB).

Par contre, lorsque les astrophysiciens se sont basés sur des mesures de distance de supernovae, qui sont plus récentes que le CMB, la constante de Hubble est allée jusqu’à 73,5 km/s/Mpc.

Selon le scientifique, il est établi que l’univers voisin est très inhomogène. « Les densités de particules dans le sol, dans l’atmosphère, ou dans l’espace entre la Terre et la Lune/Soleil sont très différentes », a-t-il fait remarquer. Selon sa théorie, cette inhomogénéité pourrait s’appliquer à l’échelle cosmique et la galaxie se trouverait dans une région étrangement « vide ».

Un diamètre total de 250 millions d’années-lumière

Si l’on en croit le modèle prédictif actuel, ce gonflement de l’univers est déterminé par la « matière noire » et « l’énergie cosmique ». D’après l’expert, les écarts entre les constantes sont logiques si cette bulle spéculative contient environ la moitié de la matière de la moyenne cosmique.

Cette théorie a déjà été avancée par un autre chercheur, il y a deux décennies. Toutefois, l’étude de Lombriser a le mérite de souligner les dimensions et les caractéristiques possibles de la bulle. Il a souligné que cette région relativement vide s’étend sur un diamètre total de 250 millions d’années-lumière.

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