L’ADN d’un peuple inconnu retrouvé au Cameroun

Une lignée de peuple inconnue a été identifiée à partir d’un ancien ADN retrouvé sur un site archéologique, à Shum Laka, au Cameroun. Le fragment de matériel génétique appartenait à quatre enfants préhistoriques, enterrés il y a environ 8 000 à 3000 ans.

D’après les recherches, ces individus faisaient partie d’un groupe d’hommes qui aurait vécu dans cette région, il y a des millénaires. Cependant, ils ont disparu et laissé place aux actuels Camerounais.

Le Mont Cameroun, en Afrique

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Les scientifiques de la Harvard Medical School ont pu extraire quatre ADN à partir des os pétreux, c’est-à-dire des os de l’oreille interne, des individus enterrés à Shum Laka. En général, le sol acide et l’environnement tropical avant l’âge de fer ne permettent pas une bonne préservation des squelettes humains. C’est ce qui rend cette découverte exceptionnelle.

Les fouilles ont été réalisées par une équipe internationale de scientifiques de la faculté de médecine de Harvard à Boston, aux États-Unis. Elle s’est déroulée sur le site archéologique de Shum Laka, au Cameroun, près de Bamenda.

Quatre grandes lignées humaines

D’après David Reich, auteur principal de l’étude, ce matériel génétique est  « est le premier à être découvert dans le centre-ouest de l’Afrique ». « C’est aussi le plus ancien dans le milieu tropical africain. L’analyse indique l’existence de quatre grandes lignées humaines qui ont survécu et qui ont divergé les unes des autres entre 250 000 à 200 000 ans », a ajouté.

Les échantillons ont été datés au Pennsylvania State University Radiocarbon Laboratory. La conservation moléculaire a permis de faire l’analyse du génome entier de l’ADN. Les quatre lignées comprennent les chasseurs-cueilleurs actuels d’Afrique centrale, ceux d’Afrique australe, tous les autres humains modernes ainsi que celle de population encore inconnue.

« Ces résultats dessinent le paysage humain en Afrique, il y a quelques milliers d’années. Tout était différent de ce qu’il y a actuellement. Cet ADN pourrait lever le voile sur un passé masqué par des mouvements récents », a expliqué David Reich.

Un point de référence

Cette découverte extraordinaire pourrait aider à retracer l’histoire de l’humanité. En effet, le site est réputé être le berceau de l’Homo sapiens. Il abrite également une grande diversité génétique. Dans l’avenir, il pourrait encore révéler d’autres secrets sur l’évolution de l’homme.

« Shum Laka est un point de référence pour comprendre l’histoire séculaire du centre-ouest de l’Afrique », a expliqué Isabelle Ribot de l’Université de Montréal. Cette anthropologue a déjà analysé, sur le site, les sépultures de 18 enfants enterrées il y a  8 000 à 3 000 ans.

Mots-clés anthropologie