On a découvert un drôle de séisme

Il aura fallu attendre près d’une décennie pour en apprendre plus sur le séisme de magnitude 7,2 qui a eu lieu en Basse-Californie, au Mexique, en 2010. Les chercheurs se sont intéressés à ce tremblement de terre en raison de ses caractéristiques particulières. Il s’agit de ce que les experts appellent un séisme « boomerang. »

Après s’être déplacé vers l’est en suivant une faille sur le plancher océanique de l’Atlantique, cet étrange séisme a rebroussé chemin pour revenir rapidement vers son point d’origine. Pendant longtemps, les chercheurs ont été incapables d’expliquer ce phénomène.

Crédits Pixabay

Toutefois, comme le rapporte le National Geographic, une équipe internationale de scientifiques a finalement réussi à élucider le mystère de ce drôle de séisme dans le cadre d’une étude publiée le 10 août 2020, dans la revue Nature Geoscience.

Une onde sismique qui s’est comportée de façon étrange

Rosario García González, l’aîné de la communauté indigène des Cucapá, a assisté au premier rang à ce tremblement de terre. C’est notamment grâce à son récit que les chercheurs ont pu déterminer la nature du séisme qui a frappé la Basse-Californie il y a des années de cela.

D’après Rosario García González, ce séisme se serait comporté de façon très étrange. En effet, après s’être propagée vers l’est en créant une fissure, l’onde sismique serait revenue sur ses pas en entraînant derrière elle un vaste nuage de poussière.

Un séisme qui peut faire des dégâts considérables

Grâce aux modèles informatiques, les chercheurs ont pu déterminer l’origine de ce séisme « boomerang. » Il serait parti d’une faille sur le plancher atlantique à environ 100 km des côtes libériennes en Afrique de l’Ouest. Cette étude est importante, car elle permettra de « comprendre la rupture des séismes passés, à anticiper celle des séismes à venir et à établir un lien entre ces zones de ruptures et leur impact potentiel sur les failles situées à proximité de régions densément peuplées. »

En recoupant les informations à leur disposition avec les données d’un autre séisme « boomerang » de magnitude 7,1 enregistrées par des sismomètres en 2016, les chercheurs ont pu étudier de plus près ce phénomène. D’après le sismologue Stephen Hicks, de l’Imperial College de Londres, ce séisme se serait propagé vers l’est avant de rejoindre son point de départ vers l’ouest, à des vitesses « intersoniques » de l’ordre de 18 000 km/h.

Contrairement aux séismes classiques, qui ne vont que dans une seule direction, les séismes « boomerang » s’étendent sur deux zones opposées et peuvent donc faire plus de dégâts. À l’heure actuelle, les chercheurs tentent de déterminer leur fréquence.

Mots-clés sismologie