On a découvert un nouveau matériau interstellaire plus vieux que le système solaire

Il y a quelques semaines, des chercheurs ont identifié des grains présolaires dans une météorite qui a atteint le sol terrestre en 1969, en Australie. Après avoir examiné la roche, ils ont conclu qu’elle était âgée de 5 à 7 milliards d’années. Cette ancienneté a fait d’elle la plus ancienne matière connue sur la planète. Cependant, plus récemment, une autre équipe de scientifiques a découvert un nouveau matériau qui semble battre largement ce record.

Le matériau a été retrouvé dans un fragment de météorite, appelée Allende, qui s’est écrasée sur Terre durant la même année, mais dans le désert mexicain. Il s’agit, en fait, de grains présolaires, c’est-à-dire des traces de poussière d’étoiles provenant de l’espace interstellaire.

Un astéroïde filant vers la Terre

Crédits Pixabay

Les chercheurs pensent qu’ils sont âgés d’une dizaine de milliards d’années, voire plus.

La nouvelle recherche a été menée par une équipe de l’Université de Washington, à St. Louis. Les résultats ont été présentés dans Nature Astronomy.

Une découverte surprenante

Tout d’abord, il est important de rappeler que, selon les estimations des scientifiques, le système solaire a environ 4,6 milliards d’années.

Les grains solaires identifiés étaient constitués de carbure de silicium (SiC). Ils ont été retrouvés dans une section à l’intérieur de la météorite Allende, appelée « Curious Marie » (le nom a été inspiré de Marie Curie).

D’après Olga Pravdivtseva, physicienne et chercheuse en cosmochimie, il s’agit d’un fait très étrange. « Selon notre compréhension actuelle de la formation du système solaire, les grains présolaires ne pourraient pas survivre dans l’environnement où ces inclusions sont formées », a-t-elle souligné.

Une remise en question du modèle actuel

En fait, le SiC était présent dans une inclusion riche en calcium et en aluminium (CAI). Ce mélange est considéré comme étant l’une des plus anciennes combinaisons minérales ayant constitué les premières substances solides qui se sont formées dans le système solaire. Jusqu’à aujourd’hui, il existe de nombreux mystères sur ses origines et ses propriétés.

Pour les chercheurs, la présence inattendue du SiC dans le CAI constitue un nouveau casse-tête à résoudre. Le fait est que cette possibilité ne peut pas être expliquée à travers le modèle actuellement établi sur la chimie au début du système solaire.

« Ensuite, nous avions un puzzle de signatures isotopiques de gaz rares à reconstituer », a noté Pravdivtseva. « Pour moi, c’est comme résoudre un mystère… »

Mots-clés astronomie