On a découvert une bactérie capable de ronger le métal

Des scientifiques ont récemment découvert une bactérie qui mange le métal. Elle a été trouvée accidentellement dans un bocal en verre contenant du manganèse, laissé pendant plusieurs mois dans le bureau d’un chercheur du California Institute of Technology (Caltech). Les experts pensent que ce microbe a déjà existé depuis plus d’un siècle.

Ils ont d’ailleurs soupçonné son existence depuis longtemps, sans jamais avoir eu l’occasion de la prouver.

Un homme travaillant le métal

Photo de Christopher Burns – Unsplash

Avant cette découverte, les scientifiques savaient que les bactéries et les champignons pouvaient oxyder le manganèse. Certains microorganismes sont même capables de le dépouiller de ses composants électroniques. Par contre, ils ignoraient que les microbes pouvaient recourir aux mêmes procédés pour stimuler leur croissance.

Le bocal était laissé sur le poste de travail du Dr Jared Leadbetter, professeur de microbiologie environnementale au Caltech. À son retour d’une mission hors du campus, il a constaté que l’objet était recouvert d’une substance sombre appelée « manganèse oxydé ».

Un mécanisme de biorestauration

Leadbetter a souligné que ce sont « les premières bactéries ayant utilisé le manganèse comme source de combustible ». Il a exprimé sa fascination pour ces microbes, notamment du fait de leur « capacité à métaboliser des matériaux apparemment improbables, comme les métaux, pour produire de l’énergie essentielle à la régénération d’une cellule ».

Ces créatures seraient des descendants de microorganismes qui vivent dans les eaux souterraines présentes dans les fissures du sol, du sable et des roches.

Les scientifiques pensent qu’elles exercent une certaine activité anti-polluante. En effet, elles élimineraient des substances toxiques présentes dans ces eaux à travers un mécanisme appelé « biorestauration ». Il s’agit d’un processus à travers lequel les microorganismes réduisent la quantité d’oxyde de manganèse. Le mécanisme est plus ou moins similaire à la respiration chez la plante ou les humains.

Un pas de plus vers la compréhension des cycles élémentaires de la Terre ?

L’intérêt de cette étude réside dans le fait qu’elle a permis aux scientifiques de cerner ce mécanisme qui contribue à un certain équilibre écologique.

En outre, ces résultats, publiés dans Nature, permettraient d’en savoir plus sur les cycles élémentaires de la Terre. Concrètement, ils pourraient mettre en lumière sur le rôle du métal dans l’évolution de la planète. Ils pourraient, par exemple, donner un sens à la présence non expliquée des nodules de manganèse, ou nodules polymétalliques, sur les lits océaniques.

À noter que ces nodules ont été découverts depuis les années 1870 par des chercheurs marins du HMS Challenger. Certaines sociétés minières prévoient de les exploiter.