On a découvert une fuite de méthane dans le fond marin de l’Antarctique

Les craintes des chercheurs se confirment. Une fuite de méthane a été découverte dans le fond marin de l’Antarctique et cela pourrait accélérer le réchauffement climatique, dont les effets se font déjà ressentir aux quatre coins du globe. L’existence de cette fuite de méthane a été rapportée par des chercheurs de l’Université de l’Oregon (États-Unis) dans une étude publiée dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.

Si ce genre de fuite se généralise, cela pourrait avoir un effet dévastateur sur l’environnement. Il faut savoir que le méthane est un gaz à effet de serre, au même titre que le dioxyde de carbone. D’après les recherches menées par ces scientifiques, cette fuite aurait lieu à 10 mètres de profondeur, dans le détroit de McMurdo, entre l’Antarctique et l’île de Ross.

Une photo des iceberg de l'Antarctique

Photo de Derek Oyen – Unsplash

À en croire les chercheurs, elle serait active depuis 2011.

Une situation qui risque d’empirer

Selon les estimations des chercheurs, 25% du méthane de la Terre seraient stockés dans les profondeurs marines de l’Antarctique. Cette grande quantité de méthane pourrait être à l’origine d’autres fuites à l’avenir, et c’est ce qui inquiète les scientifiques.

« Le méthane est un puissant gaz à effet de serre. Et l’Antarctique possède de vastes réservoirs susceptibles de s’ouvrir à mesure que les calottes glaciaires se retirent en raison du réchauffement climatique » a déclaré Andrew Thurber, écologiste marin à l’Université de l’Oregon.

Des microbes qui ne font pas leur travail

Ce n’est pas la première fois qu’on constate des fuites de méthane de ce genre. En effet, ce phénomène a été observé au fil des ans, un peu partout dans le monde entier. Jusqu’ici, les scientifiques ne s’inquiétaient pas, car une grande partie du méthane qui s’échappe de ces fuites est digérée par des microbes, avant qu’il ne soit libéré dans l’atmosphère.

Néanmoins, dans ce cas-ci, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Les chercheurs de l’Université de l’Oregon ont remarqué que les bactéries et les archées qui sont censées consommer le méthane agissent tardivement et n’ingurgitent qu’une partie du gaz. Le reste du méthane qui n’est pas digéré finit donc dans l’atmosphère.

À l’heure actuelle, les scientifiques essayent de déterminer les causes de cette fuite de méthane. Ils tentent également de comprendre le comportement de ces microbes.