On a peut-être découvert pourquoi le COVID-19 affecte plus les hommes que les femmes

Jusqu’à présent, le Sars-CoV-2 a déjà infecté plus de 25 millions de personnes dans le monde, parmi lesquelles 821 909 ont malheureusement succombé. Une question intrigue toutefois les chercheurs par rapport à la prévalence du COVID-19. Il semble en effet que la maladie n’affecte pas les hommes et les femmes de la manière, les premiers étant plus susceptibles de présenter les symptômes les plus graves.

Selon les conclusions d’une étude parue récemment dans Nature, impliquant 98 patients américains, les personnes âgées sont plus susceptibles de développer le COVID-19. Toutefois, la gent masculine est plus exposée à ce risque comparé aux femmes.

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Selon Akiko Iwasaki, professeur à l’Université de Yale (Connecticut, États-Unis) et auteur principal de ces travaux, ce déséquilibre de la prévalence au COVID-19 serait dû aux réponses immunitaires qui diffèrent selon le sexe du patient.

Le rôle des lymphocytes T et des cytokines dans une infection au Sars-CoV-2

Au niveau de notre organisme, les globules blancs appelés lymphocytes T tiennent une place majeure dans la défense contre les infections.

Les cytokines sont, quant à elles, des protéines inflammatoires qui prennent part à une autre section de nos défenses en modulant la réponse immunitaire. Ainsi, ces deux entités sont fortement sollicitées dans le cas d’une infection au COVID-19.

D’après les résultats des recherches du Pr Iwasaki, après une infection au Sars-CoV-2, les femmes développent des lymphocytes T plus coriaces et plus efficaces, contrairement aux hommes, surtout lorsqu’ils sont âgés.

Et dans certains cas graves, il y a ce qu’on appelle une tempête de cytokines. Face à l’infection, le corps humain va massivement produire des cytokines, ce qui pourrait à terme conduire à la mort. Selon cette étude, les femmes et les hommes présentent les mêmes risques de décès après une forte hausse de cytokines.

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Des traitements en fonction du sexe des patients seraient plus appropriés

Les statistiques indiquent que pour les décès dus au COVID-19 recensés jusqu’à présent, les personnes âgées sont les plus touchées, et parmi ces dernières, 60 % sont des hommes.

Face à la situation, les chercheurs suggèrent alors qu’il serait peut-être préférable de ne pas traiter les hommes et les femmes de la même manière. Iwasaki propose ainsi de booster les lymphocytes T chez les patients de sexe masculin, par le biais de vaccins. Quant aux femmes, elles pourraient par exemple bénéficier de traitements permettant de contrôler la production de cytokines.

Eleanor Riley, professeur à l’Université d’Édimbourg (Écosse) va même plus loin en préconisant des traitements individuels et personnalisés pour chaque patient. Elle indique en effet que le sexe des malades et l’âge deviennent des facteurs négligeables quand l’IMC (Indice de Masse Corporelle) entre en jeu. En clair, une obésité change la donne et dans ce cas, une médication personnalisée serait plus efficace.

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