On a peut-être trouvé le plus ancien monument militaire

Un groupe d’archéologues de l’université de Toronto a révélé au grand jour l’existence d’un monticule abritant les cadavres de 30 soldats, dans la ville de Tal Banat, en Syrie. Des observations menées sur place ont permis de conclure qu’il pourrait s’agir du plus ancien monument militaire découvert à ce jour. Il a été trouvé sur un site connu sous le nom de Monument blanc.

Les sources locales ont affirmé que des combattants ennemis reposaient à cet endroit. Cette information a toutefois été réfutée par les archéologues à l’origine de cette découverte. Pour eux, il s’agirait plutôt d’un mémorial pour les soldats morts au combat. Ce monument militaire serait âgé d’environ 4 300 ans.

Photo d’Eliane Meyer. Crédits Pixabay

D’après les archéologues, ce mémorial est le premier exemple d’un des monuments décrits par d’anciennes inscriptions de Mésopotomaie. Elles expliquaient notamment que les corps des ennemis ou des personnes mortes au combat étaient entassés pour former une structure organisée en hauteur.

Un hommage rendu aux combattants

Pour Anne Porter, professeur au sein de l’université de Toronto, cette découverte prouve que « les anciens honoraient ceux qui ont perdu la vie au combat, comme nous le faisons. » D’autre part, elle a souligné que de nombreux mystères entouraient encore cette découverte. Les archéologues ignorent par exemple si les personnes qui reposent dans ce monument ont perdu ou gagné la bataille.

Ils savent cependant que leur corps a été transporté depuis un autre endroit par les habitants de Tal Banat. À en croire Anne Porter, cela se serait produit longtemps après les combats.

« Ils les ont ensuite placés dans un énorme monticule qui était visible à des kilomètres à la ronde », a-t-elle déclaré.

Des corps enterrés méticuleusement

À certains égards, le monument militaire de Tal Banat ressemble à la pyramide de Djéser, en Égypte. Ils diffèrent notamment au niveau de leurs couches. Celles du mémorial se composent de poussière et de gypses et non de pierres.

Dans une étude publiée dans la revue Antiquity, les chercheurs ont indiqué que les corps trouvés sur place avaient été enterrés de façon méticuleuse.

« Des collections d’ossements humains ont été déposées dans le remblai au fur et à mesure que les étages du monument ont été construits. Ils ont été placés directement sur le sol, sans couverture ni démarcation spéciale. »

Les archéologues ont pu identifier certains d’entre eux. Il y avait des adultes et des jeunes qui devaient être âgés de 8 à 10 ans. Ils se demandent actuellement pourquoi ces enfants ont été placés dans ce mémorial.

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