On a retrouvé des traces de Covid-19 dans la semence de certains malades

Le Covid-19 peut-il se transmettre sexuellement ? Eh bien, c’est ce que suggère une étude publiée dans la revue scientifique Journal of American Medical Association. Les chercheurs du Shangqiu Municipal Hospital, en Chine, ont émis cette hypothèse après avoir retrouvé des traces de Covid-19 dans la semence de certains malades.

Cette étude a été réalisée sur 30 hommes admis au sein du Shangqiu Hospital, entre janvier et février 2020. Environ 16% de ces patients ont vu leur sperme testé positif au Coronavirus. Certains de ces malades étaient en phase de guérison.

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« Nous avons découvert que le SARS-CoV-2 pouvait se trouver dans la semence des patients atteints du Covid-19 et qu’il peut être détecté dans la semence des patients en rémission. » explique le docteur Diangeng Li, co-auteur de l’étude.

Un virus qui peut survivre dans la semence ?

D’après les chercheurs qui ont contribué à cette étude, le virus ne peut pas se reproduire dans le système reproducteur masculin, même s’« il peut résister, probablement en raison du privilège immunitaire conféré par les testicules. »

L’immunoprivilège empêche le système immunitaire d’atteindre la région concernée pour attaquer le virus. A l’instar des virus comme l’Ebola et le Zika, le SARS-CoV-2 pourrait donc vivre dans le système reproducteur masculin.

Dans l’attente de nouvelles études

Les chercheurs ne sont pas encore sûrs que le virus puisse se transmettre par la semence. D’après eux, la présence du virus dans le sperme ne signifie pas forcément qu’il soit contagieux. Ils prévoient d’effectuer de nouvelles études pour vérifier leurs hypothèses.

« Si de futures études nous permettent de prouver que le SARS-CoV-2 peut se transmettre sexuellement, la transmission sexuelle pourrait être un élément essentiel de la prévention de la maladie. »

S’il s’avère que le virus peut se transmettre sexuellement, le port de préservatif pourrait être recommandé par les médecins pour limiter les risques de contaminations.

« L’abstinence ou l’utilisation de préservatifs peuvent être envisagés comme moyen préventif pour ces patients. Par conséquent, le fait d’éviter le contact avec la salive et le sang des malades pourrait ne pas être suffisant, étant donné que la survie du SARS-CoV-2 dans la semence des patients en rémission peut encore infecter les autres, jusqu’à preuve du contraire. »