On a retrouvé le chapitre perdu du tout premier roman de l’humanité

Le tout premier roman de l’humanité a été écrit par la Japonaise Murasaki Shikibu au début du XIe siècle. Intitulé « The Tale of Genji », ou « Le Dit du Genji », cet ouvrage de 1 100 pages et de 54 chapitres est considéré comme l’un des plus vieux et précieux livres du monde.

Le Japan Times a indiqué qu’un chapitre manquant de l’œuvre de Murasaki Shikibu a été retrouvé dans une maison de Tokyo. Il s’agirait du cinquième chapitre. Toutefois, cette partie manquante ne proviendrait pas de l’œuvre originale écrite par Shikibu, mais serait issue de la première retranscription faite par le poète Fujiwara Teika, au XIIe siècle.

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D’après le Telegraph, ce manuscrit raconterait une partie importante de l’histoire du Prince Genji, le fils d’un empereur japonais, celle où il rencontre sa future femme Murasaka-no-ue.

Un manuscrit conservé dans un coffre

D’après le Japan Times, le chapitre manquant aurait été retrouvé dans un coffre au moment où on vidait une maison située à Tokyo. Le coffre en question appartenait à Motofuyu Okochi, un vieil homme âgé de 72 ans qui serait le descendant de l’ancien seigneur féodal de la préfecture d’Aichi.

Motofuyu Okochi a expliqué que ce manuscrit aurait été transmis à sa famille en 1743. Le chapitre manquant serait resté dans la famille Okochi durant des siècles. L’authenticité du manuscrit a été vérifiée par la fondation Reizeike Shiguretei Bunko qui œuvre pour la préservation du patrimoine culturel japonais.

Un chef-d’œuvre littéraire

Le cinquième chapitre retrouvé dans le coffre de la famille Okochi est intitulé « Aobyoshibon ». Dans son entièreté, le manuscrit mesure 21,9 cm sur 14,3 cm. À l’instar des quatre autres chapitres du livre qui auraient été découverts dans les années 1930, ce manuscrit pourrait être désigné comme biens culturels importants par le gouvernement japonais.

Junko Yamamota, professeur en littérature à la Kyoto University of Advanced Science, a souligné l’importance de cette découverte : « pour les chercheurs, la découverte de ce manuscrit est très importante. »

En 1959, le japoniste français Charles Haguenauer, avait déjà insisté sur la valeur inestimable de ce livre : « C’est une œuvre qui offre un caractère profondément humain […] L’importance du Genji monogatari réside en ce qu’il constitue un chef-d’œuvre à la lecture duquel aucun esprit affiné ne restera insensible, quelle que soit la civilisation qui l’a formé. »