On a retrouvé un mystérieux artefact égyptien en Israël

C’est lors d’une baignade matinale le long des côtes nord d’Israël l’année dernière que Rafi Bahalul, un vétérinaire et artiste du village de Ein Hod, a découvert un artefact ancien qui s’est avéré être une antique ancre égyptienne en pierre datant d’il y a 3 400 ans. L’objet était assez inhabituel puisqu’il était joliment décoré et avait même l’image d’une déesse ainsi que des hiéroglyphes gravés dessus.

Le vétérinaire a prévenu les experts de l’IAA ou Israel Antiquities Authority pour que ceux-ci examinent sa découverte. D’après Jacob Sharvit qui est à la tête de l’unité archéologie maritime de l’IAA, d’autres objets antiques ont aussi été découverts sur le site en question.

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L’ancre est actuellement exposée à l’Israel Museum à Jerusalem et selon les explications de Shirly Ben-Dor Evian, la conservatrice de l’archéologie égyptienne du musée, il s’agit d’une ancre typique utilisée pendant l’âge de bronze qui a pris fin il y a 3 200 ans. Ces instruments étaient généralement en forme de trapèze avec des coins arrondis et un trou sur la partie supérieure pour y faire passer une corde.

Un recyclage antique

Ce qui est surprenant par rapport à cette découverte est que l’artefact retrouvé soit décoré et muni d’inscriptions, ce qui n’est pas très habituel pour une simple ancre de bateau. D’après les archéologues, il s’agit ici d’une forme de recyclage, car la pierre constituant l’ancre faisait initialement partie d’un plus grand relief décoratif situé dans un temple ou une salle royale. Les marques de ciseau qui témoignent de la séparation du reste du bloc de calcaire d’origine sont d’ailleurs encore visibles.

Comme l’explique Ben-Dor Evian, à l’époque, les pierres étaient une denrée précieuse et il paraît ainsi logique qu’elles soient recyclées, peu importe leur fonction d’origine. La question est ainsi de savoir à quoi servait la pierre avant d’être transformée.

La partie de l’ancre qui en dit le plus sur son passé est l’image qui se trouve tout en bas de l’objet. Elle représente une femme écrivant sur une tablette que les chercheurs ont identifiée comme étant la déesse Seshat, l’ancienne divinité égyptienne de l’écriture.

Le visage effacé ?

L’un des détails qui ont le plus intéressé les archéologues est le fait que le visage de la déesse ait été effacé bien que la plupart des inscriptions soient parfaitement préservées. Une des théories avancées par Ben-Dor Evian est qu’il s’agit d’une marque de respect envers la divinité. Selon elle, lorsqu’on prend quelque chose de sacré pour l’utiliser dans un but non religieux, il faut tout d’abord le désacraliser. On ne peut pas utiliser le visage d’une déesse comme une ancre, mais si l’on efface le visage, ce n’est plus une déesse.

Il y a toutefois une autre raison qui pourrait expliquer le visage effacé. Il est possible que le relief de Seshat ait été pris dans un conflit d’ordre politique ou religieux et ait été ainsi la victime d’un acte iconoclaste. Selon Ben-Dor Evian, cette situation est arrivée plusieurs fois dans l’Égypte ancienne.

En tout cas, quel que soit le passé de l’ancre égyptienne, elle permettra sûrement d’éclaircir une part du mystère concernant l’Egypte ancienne. Selon la conservatrice de l’archéologie égyptienne de l’Israel Museum, si l’instrument provient d’un navire marchand, il permettra également d’en savoir un peu plus sur la nature du commerce international de l’époque.

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