On a sans doute trouvé le pire parasite du règne animal

Dans la catégorie des parasites les plus redoutables, le pou de langue, ou Cymothoa exigua, arrive certainement en tête de liste. On en entend rarement parler, pourtant il s’agit de l’un des parasites qui font le plus de dégâts chez leur hôte.

C’est un crustacé qui appartient à la famille des Cymothoidae et qui est connu pour se nourrir du sang de certains poissons. Le pou de langue a une façon très particulière de s’alimenter. Cet isopode s’installe à la base de la langue du poisson qu’il parasite et draine ses vaisseaux sanguins pour survivre.

Crédit : Peter Feghali – Unsplash.com

Il finit par vider la langue de son hôte de tout son sang. Cet organe s’atrophie alors pour être remplacé par le pou de langue.

Un pou qui remplace la langue de son hôte

En étudiant le crâne d’un hareng, un biologiste américain du nom de Kory Evans a confié au micro de Newsweek qu’il a été surpris de découvrir qu’un pou avait remplacé la langue de l’animal.

« Pour comparer les formes crâniennes entre les spécimens, j’ai placé des repères numériques à différents endroits le long du crâne pour faire des comparaisons détaillées. J’ai trouvé le parasite dans la cavité buccale du poisson », a-t-il indiqué.

On peut se dire que sans sa langue, un poisson ne ferait pas long feu, car il serait dans l’incapacité de se nourrir. Toutefois, pour permettre à son hôte de survivre, le pou de langue s’accroche aux fibres musculaires qui restent au niveau de la langue atrophiée. Le parasite sert alors de langue de substitution au poisson.

À la vie à la mort

Kory Evans a pu étudier de plus près cet étrange parasite dans le cadre d’un projet d’étude de la structure des crânes des labridés. De précédentes recherches ont révélé que le pou de langue se sert des griffes qui se trouvent sur ses trois premières paires de pattes antérieures pour retirer le sang des vaisseaux sanguins de son hôte.

D’après les chercheurs, une fois que la langue du poisson est entièrement atrophiée, le parasite cesse de drainer le sang de ce dernier pour se nourrir de son mucus. Ces deux espèces finissent par devenir interdépendantes, car sans le pou qui lui sert de langue, le poisson ne pourra plus se nourrir, et vice versa.

Décidément, la nature est pleine de surprises.

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