On a trouvé des anomalies dans les profondeurs de la Terre

La Terre recèle encore de nombreux secrets et la plupart d’entre elles ont trait aux profondeurs terrestres. Inaccessibles pour nos instruments, ces dernières sont impossibles à explorer. Du moins pour le commun des mortels.

Doyeon Kim, une sismologue travaillant pour l’Université du Maryland, et son équipe ont donc fait appel aux services d’un algorithme d’apprentissage automatique spécialisé dans l’analyse de galaxies éloignées et ils l’ont modifié afin d’étudier notre propre planète. Et plus précisément son sous-sol.

La Terre vue de l'espace

Crédits Pixabay

L’expérience a contre toute attente été payante et elle a permis aux chercheurs de découvrir une structure faite d’un matériau dense située à la frontière entre le noyau externe liquide et le manteau inférieur. Soit à environ trois mille kilomètres sous nos pieds.

La Terre, une planète qui possède encore bien des mystères

D’après les résultats de l’étude, publiés dans la revue Science, il existerait plusieurs anomalies de ce type dans les profondeurs de la Terre. L’une d’elles, située sous Hawaï, était d’ailleurs connue, mais l’algorithme a révélé qu’elle s’étendait sur une surface plus importante que prévu.

En revanche, une autre de ces anomalies, située cette fois sous les îles Marquises, n’avait pas été mise au jour jusqu’à présent.

Alors bien sûr, pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont dû récolter un maximum de données. Ils se sont ainsi principalement appuyés sur des sismogrammes réalisés au cours de ces deux dernières décennies. Soit un peu plus de sept mille mesures.

L’algorithme les a ensuite analysés afin de dessiner une carte des profondeurs terrestres et c’est à cette occasion qu’il a révélé l’existence de ces anomalies.

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Des structures identifiées à l’aide d’un algorithme

En effet, un tremblement de terre a pour particularité de générer des ondes puissantes sur la surface terrestre, certes, mais également dans ses profondeurs. Or lorsque ces ondes touchent une structure de différente densité, elles se dispersent ou se déforment. Ce qui permet du même coup d’obtenir une carte de ces structures. Le principe est le même que celui du radar, mais à une plus grande échelle. Beaucoup plus grande, même.

Pour obtenir une vue plus détaillée de ce qui se passe sous nos pieds, Doyeon Kim et les autres chercheurs ont choisi de se focaliser sur certaines ondes, et plus précisément sur les ondes S, soit celles qui se déplacent le long de la frontière située entre le noyau terrestre et la partie inférieure du manteau.

En effet, d’après les conclusions des recherches, ces ondes sont plus lentes et elles sont donc plus faciles à suivre que les ondes P.

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De gigantesques plaques identifiées à l’aide d’ondes S

C’est ce qui a donc permis à l’équipe de mettre en relief ces anomalies, baptisées pour l’occasion zones à ultra basse vitesse, ou bien ULVZ. Et d’après les premières conclusions de l’étude, ces anomalies seraient en réalité des plaques situées à la frontière entre le noyau et le manteau.

On ignore en revanche comment elles se sont formées, ou même de quels matériaux elles se composent. Reste que le potentiel est énorme. L’équipe pense en effet que ces plaques pourraient être en mesure de contenir des signatures biochimiques remontant à la formation de la Terre. Et donc qu’elles pourraient nous en apprendre plus sur son histoire.

Par extension, l’étude prouve également que les algorithmes d’apprentissage automatique peuvent être de précieux atouts dans l’étude de phénomènes globaux. Et Doyeon Kim ne compte d’ailleurs pas en rester là. Elle compte en effet utiliser la même méthode à l’avenir dans le cadre d’autres études afin d’obtenir un portrait plus fidèle de notre belle planète.

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