On en sait encore un peu plus sur le nuage radioactif qui a survolé l’Europe en 2017

En 2017, un nuage composé de particules de ruthénium-106 a brièvement survolé l’Europe. À l’époque, tous les soupçons se sont tournés vers la Russie, mais les autorités locales ont toujours refusé de reconnaître leur responsabilité.

Et à présent, trois ans plus tard, les chercheurs pensent enfin savoir d’où venait réellement le nuage.

Des nuages noirs menaçants

Photo de val Ccrn – Unsplash

L’affaire remonte donc à trois ans en arrière. Entre la fin du mois de septembre et le début du mois d’octobre 2017, les réseaux de surveillance installés dans plusieurs pays européens ont rapporté une concentration inhabituelle de particules de rhuthénium-106 dans l’air.

L’énigme du nuage radioactif de 2017

À l’époque, les chercheurs ont envisagé plusieurs possibilités. Certains ont évoqué la chute d’un satellite alimenté au ruthénium-106, d’autres l’incinération de substances radioactives.

Après avoir retracé les déplacements du nuage, l’ISRN a fini par porter ses soupçons sur un complexe nucléaire installé à Maïak en Russie. Un complexe spécialisé dans le retraitement des déchets nucléaires.

Les autorités locales ont cependant démenti les conclusions de l’enquête, arguant que le complexe n’avait subi ni incident ni panne.

En 2019, une étude menée par 69 scientifiques et publiée dans la revue PNAS a cependant donné un peu plus de corps à cette théorie. En étudiant la signature radioactive du nuage, ces derniers ont en effet réussi à déterminer que le ruthénium-106 provenant en réalité d’un combustible datant de moins de deux ans, un combustible que le complexe de Maïak était à l’époque le seul à pouvoir traiter dans un délai aussi court.

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Une origine civile et non militaire

Pour ne rien arranger, à l’époque, les médias ont réussi à mettre la main sur un courriel daté du 8 décembre 2017. Un courriel faisant état d’une expérience ratée menée au sein du complexe.

Depuis, trois années ont passé, mais l’affaire semble être sur le point de connaître un nouveau dénouement.

Le professeur Thorsten Kleine, de l’université de Münster, a en effet rendu un nouveau rapport indiquant que l’origine du nuage ne serait pas militaire, mais civile. D’après lui, si le ruthénium-106 a mobilisé notre attention, des isotopes non radioactifs du ruthénium ont également été détectés et ces derniers nous offrent une autre lecture de l’incident.

En effet, selon le chercheur et son équipe, ces isotopes pourraient correspondre à un cycle du combustible à haute teneur en plutonium, ce qui laisse de ce fait penser à un site civil.

Or justement, toujours selon l’étude, les isotopes repérés pourraient correspondre à un réacteur VVER. Notamment au réacteur VVER-440.

Et c’est là que les choses deviennent intéressantes. Ces réacteurs sont en effet surtout utilisés en Russie… et le complexe de Maïak retraite précisément le combustible venant de ces réacteurs. Ce qui donne encore un peu plus de corps aux observations menées l’année dernière. Des observations qui pointaient dans la même direction.

L’étude peut-être consultée à cette adresse.