On en sait un peu plus sur la boule de feu qui a survolé le Japon en 2017

Les habitants de Kyoto, au Japon, ont dû avoir une petite frayeur lorsqu’une petite boule de feu est passée au-dessus de leurs têtes au matin du 28 avril 2017. La société SonotaCo a alors recueilli des données de l’évènement dans le cadre d’une enquête sur les météores.

Ces données ont ensuite été exploitées par des chercheurs qui ont pu déterminer que la boule de feu était un fragment d’un astéroïde beaucoup plus grand qui pourrait un jour tomber sur Terre à son tour.

Météorite Russie

Crédits Pixabay

Un minuscule morceau d’un astéroïde plus grand et plus dangereux

L’idée qu’un astéroïde vienne frapper la terre est tout à fait terrifiante, surtout lorsqu’on pense à ce qui est arrivé aux dinosaures.

Mais le morceau de roche spatiale qui a traversé le ciel japonais était très petit, donc presque inoffensif. Les chercheurs ont en effet pu déterminer grâce aux données de la société SonotaCo, que l’objet était entré dans l’atmosphère terrestre avec une masse d’environ 29 grammes et une épaisseur de 2,7 centimètres seulement. Cela ne rend pas pour autant les petits météores de ce type moins intéressants, car ils peuvent fournir des données précieuses sur les plus gros objets qui les génèrent. Et dans le cas présent, les chercheurs ont remonté la trajectoire du petit rocher jusqu’à la roche mère : un astéroïde appelé 2003 YT1.

2003 YT1 est un astéroïde binaire, composé d’un gros rocher de 2 kilomètres de diamètre, autour duquel orbite un petit astéroïde de 210 mètres de diamètre. Il a été découvert en 2003 (d’où son nom) et les scientifiques pensent qu’il a 6% de chances de toucher la Terre à un moment donné dans les 10 millions d’années à venir, quoique cela soit peu probable à notre époque.

Les scientifiques ignoraient qu’il y avait un lien entre l’astéroïde binaire 2003 YT1 et le petit météore qui a traversé le ciel de Kyoto, jusqu’à ce qu’ils étudient le mouvement de la petite boule de feu à travers le ciel. Ils ont ainsi pu remonter son orbite dans l’espace jusqu’à 2003 YT1 (avec un très haut degré de certitude). Les chercheurs ont déclaré qu’ils ne savaient pas comment le petit rocher s’était séparé de 2003 YT1, mais qu’ils pensaient qu’il faisait partie d’un amas de poussière plus important qui s’est détaché de l’astéroïde. Et ils ont donné quelques explications potentielles à propos de la formation de cet amas.

Une première hypothèse est que des changements de température ont fissuré la surface de l’astéroïde, rejetant de petits morceaux dans l’espace. Une autre hypothèse est que de minuscules micrométéorites frappent régulièrement le plus gros astéroïde du système binaire, le fragmentant comme des balles qui frappent une paroi rocheuse. Et un troisième scénario proposé par les auteurs de l’étude est que les fragments sont le résultat du processus qui a initialement formé le système 2003 YT1 lui-même.

Comment le système 2003 YT1 s’est-il formé ?

On a tendance à croire que les astéroïdes sont de grosses roches semblables à celles qu’on peut trouver sur Terre. Mais d’après les auteurs de l’étude, 2003 YT1 est plutôt une “pile de gravats”, c’est-à-dire un amas de matériaux liés les uns aux autres par la gravité pour former deux corps en orbite. Et cela se serait produit au cours des 10 000 dernières années. Les scientifiques pensent que les forces qui maintiennent les masses ensemble sont faibles et que, à mesure que les deux blocs tournent l’une autour de l’autre (toutes les deux heures), il peut arriver que des morceaux se détachent et soient projetés dans l’espace.

Mais pour l’heure rien n’est vraiment sûr tant qu’une étude plus poussée n’est pas menée. Les chercheurs retiennent donc que la Terre a été visitée par un petit morceau d’un gros astéroïde, que ce petit morceau fait probablement partie d’un amas d’autres petits morceaux qui pénètrent parfois inaperçus dans l’atmosphère terrestre, et qu’à un moment donné, le gros astéroïde lui-même pourrait foncer à son tour droit sur la terre. Ce qui est effrayant !

Les résultats de la récente étude ont été publiés dans le journal de pré-impression arXiv, en attendant qu’ils soient validés par les pairs.

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