On en sait un peu plus sur le génome du cœlacanthe, le fameux fossile vivant

Considéré depuis toujours comme un fossile vivant, une nouvelle étude effectuée par des chercheurs de l’Université de Toronto vient de révéler que le cœlacanthe est finalement une espèce animale qui évolue bel et bien. Pour rappel, un fossile vivant, également appelé « espèce relique », est une espèce dont la morphologie et l’apparence n’ont presque pas évolué depuis des millions d’années, voire depuis son apparition.

Le cœlacanthe, ce poisson à nageoires charnues qui fréquente l’océan Indien, était donc considéré parmi ces espèces qui ont peu évolué. Les plus anciens spécimens identifiés datent d’il y a plus de 400 millions d’années, tandis que le plus récent a été pêché en 1998. Plus vieux que les dinosaures, le cœlacanthe fréquentait déjà les eaux de la Terre depuis le Crétacé supérieur.

Photo de Rydy et Peter Skitterians. Crédits PIxabay

Pour mener leur étude, le professeur Tim Hughes et son équipe se sont basés sur l’analyse du génome d’une espèce africaine, le Latimeria chalumnae. Les résultats de ce qu’ils ont découvert ont été publiés dans la revue Molecular Biology and Evolution.

62 nouveaux gènes dans l’échantillon de cœlacanthe examiné

Bien que l’on ait découvert depuis 1938 que le cœlacanthe vit toujours dans les océans, peu de spécimens ont été récupérés et examinés. « Ils sont très doués pour se cacher », remarque Isaac Yellan, l’un des auteurs qui ont contribué à cette recherche.

Les chercheurs ont pu ainsi détecter la présence de 62 nouveaux gènes chez le spécimen africain analysé. Selon eux, ces gènes ont été acquis par le Latimeria chalumnae alors qu’il fréquentait d’autres espèces il y a 10 millions d’années.

D’après les scientifiques, des fragments d’ADN capables de se déplacer appelés « transposons » ou « gènes sauteurs » ont en effet été retrouvés dans le génome du cœlacanthe. Ces gènes peuvent se déplacer du génome d’une espèce à un autre sans raison apparente, et sont susceptibles de modifier son fonctionnement.

Finalement, le cœlacanthe a évolué, seulement un peu plus lentement

Même si l’anatomie actuelle du cœlacanthe ressemble à celle des archives fossiles de l’espèce, ces 62 nouveaux gènes révèlent que des mutations génétiques ont tout de même eu lieu. Ceci étant, les chercheurs ignorent pour le moment les effets de ces gènes sauteurs sur son hôte.

Le professeur Hugues a tout de même indiqué que « bon nombre d’entre eux codent des protéines de liaison à l’ADN et jouent probablement un rôle dans la régulation des gènes ». Néanmoins, il faudrait encore examiner d’autres spécimens pour déterminer si l’espèce a véritablement évolué, morphologiquement parlant cette fois, au fil du temps et des rencontres en acquérant d’autres gènes au passage.