On en sait un peu plus sur l’origine et la nature de Oumuamua

Oumuamua est apparu sur nos radars le 9 septembre 2017 et il s’est immédiatement retrouvé au centre de toutes les attentions lorsque les astronomes ont réalisé que l’objet provenait d’un autre système que le nôtre. Depuis, les études se sont succédé et la dernière en date nous en apprend un peu plus sur sa nature et son origine.

Repéré pour la toute première fois par l’Observatoire Haleakala à Maui dans le cadre du programme Pan-STARRS, Oumuamua s’est donc très vite retrouvé sous les feux de la rampe.

Oumuamua

L’intérêt soudain des chercheurs a été en grandissant, et encore plus en raison du comportement inhabituel du corps… et de sa forme.

Oumuamua, une énigme astronomique

Oumuamua ne ressemblait en effet ni à un astéroïde ni à une comète et il avait en réalité la forme d’un cigare. Un cigare tournoyant sur lui-même et se déplaçant à une vitesse folle à travers l’espace. Plus étrange encore, la vitesse de l’objet a subitement accéléré lors de son passage dans notre système.

Un comportement inhabituel en regard de nos connaissances… et qui a bien évidemment donné lieu à bon nombre de théories fascinantes.

Aujourd’hui encore, on ignore tout de ce voyageur interstellaire. Pour certains chercheurs, Oumuamua était une comète, pour d’autres un simple nuage de poussières spatiales.

Yun Zhang, une chercheuse travaillant pour l’observatoire de la Côté d’Azur en France, a eu l’occasion d’étudier le corps au travers de plusieurs simulations et elle vient de publier un article très intéressant dans la rubrique Astronomy de la revue Nature.

Un article qui nous offre un autre regard sur ce qui est sans doute l’une des plus grandes énigmes astronomiques de cette dernière décennie.

Un corps à la forme et au comportement inhabituels

Dans son papier, la chercheuse indique avoir mis au point plusieurs simulations afin de tenter d’expliquer la forme inhabituelle du corps.

Appuyée par Doug Lin, un chercheur de l’université de Californie de Santa Cruz, Zhang en est ainsi venue à la conclusion que le corps n’était sans doute ni un astéroïde ni une comète… mais plutôt le fragment – ou l’éclat – d’une planète disparue.

Pour en arriver à cette conclusion, la chercheuse a simplement tenté de déterminer les conditions pouvant aboutir à la création d’un objet spatial de cette forme. Et la seule explication viable, selon elle, est la destruction d’une planète ou d’un planétésimal.

Dans son article, Zhang suppose ainsi que le corps provient d’un système composé de plusieurs planètes ou planétésimaux en orbite autour d’une étoile centrale extrêmement dense. Suffisamment en tout cas pour détruire les corps planétaires s’approchant trop de sa position.

Un éclat planétaire ?

D’après elle, une étoile suffisamment massive ne se contenterait en effet pas de brûler et de désintégrer les planètes et planétésimaux trop proches. Ces corps pourraient ainsi éclater sous la violence de la gravité, ce qui aurait également pour effet de projeter des éclats à travers l’espace.

Or justement, si un tel cataclysme devait réellement se produire, alors les éclats produits pourraient avoir une forme allongée similaire à celle de notre visiteur interstellaire.

Pour appuyer son propos, Zhang précise que la nature, aussi complexe soit-elle, ne produit que peu d’objets semblables à des éclats. L’option présentée semble par conséquent être la plus logique.

Mais alors, comment expliquer la brusque accélération d’Oumuamua ?

Une hypothèse qui a déjà été avancée

Là encore, la chercheuse a une hypothèse. D’après ses conclusions, lorsqu’une planète est déchirée par son étoile, alors la chaleur de cette dernière vaporise toute l’eau présente à sa surface… mais certaines poches de glace peuvent potentiellement subsister, protégées par la roche.

Il est donc possible selon elle que notre visiteur ait abrité de telles poches, des poches qui auraient donné ensuite naissance à des jets de vapeur d’eau lors de son passage près de notre propre étoile. Ce qui expliquerait pourquoi le comportement du corps se rapprocherait de celui d’une comète, des corps dont le coeur se compose lui aussi de glace.

Il faut tout de même noter que ce n’est pas la première fois que l’hypothèse de l’éclat planétaire est examinée. En 2017, le SETI avait en effet publié une étude similaire dans laquelle Matija Cuk, l’un de ses chercheurs, avançait exactement la même thèse.