On ne vit pas plus vieux, on meurt simplement moins jeune

L’augmentation de l’espérance de vie est souvent imputée à un ralentissement du vieillissement. Une nouvelle étude vient toutefois contredire cela.

Les régimes spéciaux, les exercices physiques, les compléments alimentaires et les vitamines, pour ne citer qu’eux, sont censés nous aider à vivre plus longtemps. En effet, notre espérance de vie a considérablement augmenté en moins d’un siècle. Alors qu’elle était seulement d’une quarantaine d’années au milieu du 19e siècle, elle se situe aujourd’hui aux alentours de 70 ans. Cependant, il ne faut pas croire que nous ayons trouvé des moyens de ralentir le vieillissement. L’amélioration de l’espérance de vie est davantage le résultat statistique de la réduction de la mortalité infantile et des jeunes adultes. D’après les chercheurs, il n’y a aucun ralentissement du rythme du vieillissement.

Un vieil homme aux côtés d'un enfant
Crédits Pixabay

Une nouvelle étude compare les données de neuf populations humaines et de 30 populations de primates. Elle a été menée par une équipe de scientifiques issus de 14 pays différents. Les recherches se sont focalisées sur l’analyse des naissances et des décès dans les 39 populations étudiées. Le but était d’examiner en profondeur la relation entre l’espérance de vie et sa répartition.

Le rythme du vieillissement ne change pas

La répartition de la durée de vie est un indicateur de la variation de l’âge du décès dans une population. Si tout le monde a tendance à mourir à peu près au même âge, entre 70 ou 80 ans par exemple, la répartition de la durée de vie est très élevée. Si le décès peut survenir à n’importe quel âge, à cause de maladies entre autres, la répartition est très faible.

Chez l’homme, cette répartition est étroitement liée à l’espérance de vie. Les individus issus de populations vivant plus longtemps ont également tendance à mourir à un âge similaire. Tandis que les populations où l’espérance de vie est plus courte ont tendance à mourir à des âges aléatoires. Pour déterminer si ce modèle est uniquement humain, les scientifiques se sont tournés vers nos plus proches cousins : les primates.

Ils ont observé la même chose.

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Une variation du rythme du vieillissement

Les résultats renforcent l’hypothèse d’un rythme invariable du vieillissement. « La petite enfance était autrefois si risquée pour les hommes, alors qu’aujourd’hui, nous évitons la plupart des décès prématurés. Les populations vieillissent principalement, parce que plus d’individus traversent ces premières étapes de la vie », explique Susan Alberts, professeure de biologie et d’anthropologie évolutive à l’université Duke.

La professeure Alberts et son équipe soulignent qu’il existe une certaine variation individuelle au sein des espèces sur la vitesse de la sénescence. Toutefois, cette variation est contenue dans une fourchette assez étroite, contrairement à la mortalité infantile. « Nous ne pouvons pas ralentir le rythme à laquelle nous vieillissons. Ce que nous pouvons faire, c’est empêcher les bébés de mourir », conclut l’auteure de l’étude.