On pense savoir où chercher la vie extraterrestre

Les spécialistes de la recherche de vie extraterrestre explorent de nombreuses pistes. La dernière en date se concentre sur les lunes extrasolaires capables de retenir assez d’eau liquide pour abriter des organismes vivants.

Les scientifiques considèrent l’eau sous sa forme liquide comme un élément vital pour tout être vivant. Cette ressource naturelle a rendu la vie possible sur Terre. Elle reste essentielle à la pérennité des systèmes vivants sur notre planète. Pour cette raison, les chercheurs sont constamment à la recherche de traces d’eau sur d’autres corps célestes. La présence d’eau liquide sur d’autres planètes n’a pas encore été prouvée. Cependant, il y existe des indications que quelques lunes dans notre système solaire — Encelade de Saturne, ainsi que Ganymède, Callisto et Europe de Jupiter — peuvent abriter des océans souterrains.

La photo d'une planète et de sa lune
Crédits Pixabay

Barbara Ercolano et Tommaso Grassi de l’université Louis-et-Maximilien de Munich s’interrogent ainsi sur la possibilité de trouver de l’eau sur les exolunes. Avec une équipe de l’université de Concepción au Chili, ils ont développé un modèle informatique pour simuler l’atmosphère et le mécanisme chimique de la phase gazeuse d’un satellite en orbite autour d’un objet libre de masse planétaire.

Une atmosphère très riche en eau

Pour faire simple, les objets libres de masse planétaire sont des planètes n’orbitant autour d’aucun soleil. Ils intéressent de plus en plus les chercheurs, car des éléments suggèrent leur existence en très grand nombre. Selon les estimations, la Voie lactée compterait au moins autant de planètes sans soleil de la taille de Jupiter qu’il existe d’étoiles. À noter qu’il existerait plus de 100 milliards d’étoiles dans notre galaxie.

Les astrophysiciens de l’université Louis-et-Maximilien ont ainsi utilisé un modèle informatique pour simuler la structure thermique de l’atmosphère d’une lune extrasolaire. Celle-ci est de la même taille que la Terre et orbite autour d’une planète sans soleil. Leurs résultats sont assez encourageants. La quantité d’eau présente à la surface du satellite serait environ 10 000 fois inférieure au volume total des océans terrestres. Cependant, cette quantité serait 100 fois plus grande que celle trouvée dans l’atmosphère de notre planète. La vie serait en mesure d’y évoluer et prospérer.

Un objet libre de masse planétaire offre un système sombre et froid en raison de l’absence d’un compagnon stellaire. Pourtant, la présence d’une étoile centrale sert habituellement de source d’énergie pour déclencher des réactions chimiques.

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Les rayons cosmiques au lieu d’un soleil

Le modèle d’Ercolano et Grassi suggère que la présence d’un soleil peut ne pas être nécessaire. En effet, les rayons cosmiques sont capables de déclencher les réactions chimiques indispensables pour convertir l’hydrogène moléculaire et le dioxyde de carbone en eau, ainsi que d’autres substances.

Par ailleurs, la force des marées que la planète exerce sur sa lune permettrait de maintenir le système en éveil. La théorie ne tient que si le dioxyde de carbone représente 90 % de l’atmosphère du satellite. L’effet de serre retiendrait une grande partie de la chaleur générée. La combinaison de ces phénomènes suffirait ainsi à maintenir l’eau à l’état liquide.

Mots-clés exobiologie