On sait enfin comment ce morceau de cerveau a pu survivre pendant 2600 ans

Heslington a été le théâtre d’un événement historique et médical majeur. Bien avant notre ère, un homme a trouvé la mort dans la région et son corps a commencé à se décomposer lentement. Toutefois, son squelette n’a pas été le seul à subsister. Un morceau de son cerveau a également été épargné.

Environ deux mille six cents ans plus tard, la dépouille a été retrouvée lors de fouilles menées sur place. Et depuis, les chercheurs font des pieds et des mains pour comprendre le processus qui a épargné une partie du cerveau du malheureux.

Un crâne humain dans la pénombre

Crédits Pixabay

Leurs efforts ont finalement été récompensés et le mystère a ainsi été totalement levé dans une étude publiée en début d’année dans le Journal of the Royal Society.

L’histoire du cerveau d’Hesligton

D’après les recherches menées sur place, l’homme aurait vécu durant l’Âge de Fer et il aurait trouvé la mort suite à une fracture de la colonne vertébrale. Si les causes exactes de sa mort n’ont pas pu être déterminées, les chercheurs pensent que l’homme a été exécuté par pendaison.

Contrairement à l’usage de l’époque, la dépouille de l’homme n’a pas été scrupuleusement enterrée. En réalité, ses bourreaux lui ont coupé la tête pour la jeter ensuite dans une fosse.

Par la suite, les tissus de la tête se sont progressivement décomposés, mais son crâne n’a pas été le seul à survivre au processus. En analysant le crâne, les chercheurs responsables de sa découverte ont en effet eu la surprise de découvrir à l’intérieur un matériau organique intact, et plus précisément un morceau de cortex cérébral humain.

Le cerveau d’Heslington s’est rapidement retrouvé sous les feux des projecteurs ensuite et il a fait l’objet de multiples analyses.

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Des années de recherche

Il a cependant fallu attendre ce début d’année pour connaître l’origine de son étonnante préservation.

À la base, le cerveau ne se suffit pas à lui-même et il a donc besoin d’être soutenu par l’organisme pour ne pas péricliter. Ce soutien repose sur une matrice de filaments intermédiaires et il semblerait que cette dernière puisse subsister un moment après la mort d’un organisme lorsque certaines conditions sont réunies.

Dans ce cas précis, les chercheurs qui ont analysé le cerveau de Heslington ont découvert des restes de filaments intermédiaires et une quantité anormalement importante de structures neuronales. Mais cette explication ne leur a pas suffi et l’équipe scientifique a donc tenté de déterminer ce qui avait permis à ces filaments d’échapper à la décomposition.

Ils ont commencé par penser que la tourbière dans laquelle avait été jeté le crâne avait pu participer à la préservation de la matrice, mais ils ont rapidement réalisé que cela n’était pas le cas.

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Un bloqueur de protéases à l’origine de la conservation du cerveau

Et finalement, en poussant plus loin leurs investigations, ils ont réalisé que le responsable de l’excellent état de conservation de ces tissus était un produit chimique particulier, un produit qui avait bloqué les protéases, et donc les enzymes destructrices responsables de la décomposition des tissus d’un cadavre, pendant de nombreux mois. Ce qui a ensuite permis aux protéines de fusionner pour former un agrégat suffisant stable pour résister aux affres du temps… et de la météo locale.

Si la découverte est importante, il reste tout de même encore beaucoup à faire. Pour le moment, le bloqueur n’a pas été identifié et les recherches vont donc se poursuivre.

L’étude peut être consultée à cette adresse.

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